Steven Sharif annonce une action en justice, Ashes of Creation n'est plus en vente sur Steam

Steven Sharif aurait perdu le contrôle de son studio Intreprid : il annonce engager une action en justice pour faire toute la lumière sur le sujet. Parallèlement, Ashes of Creation n'est plus en vente sur Steam, mais les serveurs sont manifestement toujours en ligne. 

Ashes of Creation

On le notait ce weekend : par une note sibylline publiée sur Discord, Steven Sharif annonçait avoir perdu le contrôle d’Intrepid, le studio qu’il avait fondé pour concevoir Ashes of Creation, au profit d’un énigmatique « Conseil d’administration ». Dans la foulée, il indiquait démissionner « en guise de protestation », tous les salariés d’Intrepid étaient licenciés et l’avenir d’Ashes of Creation apparaissait plus qu’incertain.

Evidemment, l’épisode suscite de très nombreuses interrogations, et presque autant de spéculations. Nombre de joueurs se montrent particulièrement virulents à l’encontre de Steven Sharif, l’accusant au mieux d’avoir sabordé Ashes of Creation malgré les qualités ludiques du jeu, au pire d’être le fossoyeur du financement participatif, voire des espoirs d’assister à l’émergence d’un nouveau vrai MMORPG à l’avenir.

Une action en justice pour faire la lumière

Dans ce contexte houleux, l’intéressé sort brièvement de sa réserve et précise, toujours sur Discord, que sa « prochaine action sera une action en justice ». Et d’indiquer : « j’espère qu’alors, vous aurez une meilleure compréhension de ce qui s’est passé ».

Relancé sur le sujet et notamment sur les délais (souvent longs) d’une procédure judiciaire, il répond de nouveau : « attendez d'avoir plus d'éléments avant de tirer des conclusions hâtives. Internet fait peu de cas de la patience, mais malheureusement, la procédure judiciaire l'exige. Vous ne pouvez pas imaginer combien il m'est difficile de garder le silence, mais je n'ai pas le choix. Lorsque les documents seront publics, nous disposerons d'un compte rendu factuel plus clair ».

Des rumeurs de ventes à un groupe de capital-investissement

On attendra donc les fameux documents. D’ici là, des indiscrétions se font jour et si elles sont à prendre avec toutes les précautions nécessaires (les interlocuteurs historiques d’Intreprid ne sont plus officiellement en poste et ne sont donc plus en mesure de confirmer ou d'infirmer les positions du studio), elles sont néanmoins susceptibles d’apporter certains éclairages.

Ashes of Creation

On sait notamment qu’Intreprid était en quête de financements. Tout ou partie du studio Intrepid aurait ainsi été vendu (vraisemblablement par Steven Sharif qui s’est toujours présenté comme l’unique propriétaire du studio) à un groupe de capital-investissement, sans qu’on sache s’il s’agissait de se débarrasser d’Intreprid ou de trouver de nouveaux partenaires financiers. Toujours est-il que le groupe de capital-investissement aurait entrepris des mesures d’économies drastiques au sein du studio, impliquant des licenciements significatifs : l’objectif était manifestement de conserver « le squelette d’Intreprid », soit environ 70 salariés sur les quelque 200 que le studio comptait jusqu’à présent, et de délocaliser l’essentiel du développement hors des Etats-Unis.

C’est suite à cette volonté d’économies du « nouveau Conseil d’administration » que Steven Sharif aurait donc démissionné ce weekend avec la plupart des cadres d’Intreprid, afin de protester contre la mesure.

Des licenciements sous le régime de la loi WARN ?

Quid du licenciement des salariés ? Le Conseil d’administration envisageait manifestement de conserver certains salariés (le « squelette » d’Intreprid donc), or à en croire Steven Sharif, l’ensemble des salariés d’Interprid aurait été remercié.

Ashes of Creation

Plusieurs hypothèses peuvent ici être envisagées : des indiscrétions évoquent des salariés licenciés brutalement et sans indemnités. C'est possible si le studio est à cours à de liquidité ou que la nouvelle direction privilégie des mesures d'économies. De son côté, Steven Sharif précisait néanmoins dans sa première intervention un licenciement sous le régime du WARN Act, une disposition légale américaine qui vise à protéger les salariés américains (en lieu et place des licenciements immédiats couramment pratiqués aux Etats-Unis, la loi WARN assure un préavis de 60 jours aux employés concernés, leur permettant de bénéficier de quelques semaines de rémunérations supplémentaires, le temps de rebondir voire de trouver un nouvel emploi).

Dans le cas présent, l’activation de la loi WARN ce 2 février avait-elle vocation à couper l’herbe sous le pied du « Conseil d’administration » ? Peut-être, car dès lors que le régime WARN est activé, le processus de licenciements est certes acté, mais les salariés sont en principe « protégés » pour une période de deux mois. Peut-être faut-il y voir un moyen de gagner du temps, qui ferait écho à l’annonce d’une action judiciaire engagée par Steven Sharif et qui nécessite du temps. Le dispositif explique peut-être aussi le licenciement de tous les salariés d'Intreprid (pour qu'ils bénéficient tous du statut du WARN Act), en lieu et place du projet initial du Conseil d'administration visant à conserver un « squelette » de studio. Les prochaines semaines pourraient apporter quelques réponses.

Ashes of Creation n'est plus en vente sur Steam

Quid enfin des joueurs d’Ashes of Creation ? L’avenir du MMORPG est évidemment très nébuleux. À cette heure, le jeu n’a plus d’équipe de développement officielle (sous le coup d’une procédure collective de licenciements) et le studio Intreprid fait figure de coquille vide.

L’accès anticipé d’Ashes of Creation était par ailleurs distribué sur Steam, mais la vente du MMORPG y est maintenant bloquée : le bouton de vente n’est plus disponible. Le service client de Steam est manifestement à pied d’œuvre et certains joueurs auraient manifestement été remboursés de leur achat sur la plateforme de Valve. Pour autant , Ashes of Creation n'est pas (encore) mort dans la mesure où à cette heure, les serveurs sont manifestement toujours en ligne –  pour combien de temps ? Gageons quoi qu'il en soit que cette saga comptera encore quelques épisodes supplémentaires dans les semaines et mois à venir, et dont le scénario n'est peut-être pas encore totalement écrit. 

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