Lancement (chaotique) de la plateforme de cloud gaming Stadia

Stadia, la plateforme de cloud gaming de Google, est officiellement lancée aujourd'hui, mais manifestement pas sans heurts : les premiers acquéreurs sont confrontés à des défauts de livraison et certains constatent des problèmes de latence. 

On l’a noté, Stadia, la plateforme de cloud gaming de Google, est officiellement lancée ce 19 novembre dans plusieurs pays occidentaux (dont la France) et à l’évidence, ce lancement ne se fait pas sans heurts.

Stadia

Dans un premier temps, on le sait, la plateforme Stadia n’est disponible qu’en version « Pro » et réservée aux acquéreurs d’un pack de fondateur ou de sa Premiere Edition. Des offres qui intègrent évidemment un accès à la plateforme mais aussi les principaux périphériques qui lui sont associés (une manette Stadia et le Google Chromecast Ultra à connecter à l’écran qui servira à jouer via les options de cloud gaming).
Première difficulté : les packs sont très diversement expédiés. Certains acquéreurs ont manifestement reçu leur pack rapidement (notamment aux Etats-Unis) et ont pu se connecter dès le lancement de la plateforme (dès aujourd’hui, donc). D’autres doivent néanmoins encore se montrer patients dans la mesure où leur pack n’a même pas encore été expédié par Google, pour une réception promise à la fin du mois voire début décembre pour certains, et alors même que les précommandes remontent à plusieurs mois (juin pour les plus précoces).
De nombreux clients semblent confrontés à ce défaut d’expédition (notamment en Europe si l’on en croit les réseaux sociaux), dont la source pourrait être un problème de paiement mal pris en charge par les infrastructures de Google. Le géant américain dit s’attacher à résoudre le problème et invite le cas échéant les plus impatients à se tourner vers son service client.
Dont acte. Certains s’étonnent néanmoins qu’à défaut de livraison des périphériques, l’accès à la plateforme ne soit pas débloqué non plus (via l’envoi d’un code par mail, puisqu’on peut aussi y accéder via une interface web ne nécessitant pas la clef Chromecast). Peut-être faut-il y voir un moyen détourné d’étaler les accès à la plateforme, afin d’éviter de la saturer lors du lancement.

Car c’est manifestement le second problème rencontré avec Stadia : les premiers joueurs rencontrent parfois des problèmes de latence significatifs et irréguliers. L’un des principaux enjeux du cloud gaming repose notamment sur la réactivité des infrastructures : lorsque le joueur lance une commande, le personnage doit réagir promptement (si ce n’est instantanément), au risque de rendre le jeu injouable – a fortiori quand le premier titre intégré à Stadia est Destiny 2, dont le gameplay s’accommode mal du lag.
Or nombre de joueurs sont manifestement confrontés à une réactivité très irrégulière, tantôt immédiate, tantôt avec une latence de plusieurs secondes – et malgré des connexions très costaudes. Google n’est pas prolixe sur le sujet, mais les « testeurs » qui tentent d’utiliser Stadia via une connexion WiFi sont manifestement confrontés à une expérience quasi-injouable, quand ceux connectés en filaire obtiennent de bien meilleurs résultats.

On retient manifestement de cette première journée que Stadia propose pour l’instant une expérience contrastée – prometteuse mais encore décevante (ou l’inverse). À l’évidence, l’offre n’est pas encore au point pour le grand public et affiche encore des allures de bêta technique. Et ce n’est sans doute pas une surprise puisque l’essentiel des fonctionnalités promises par Google ne viendront que plus tard (toutes les fonctionnalités sociales, le jeu en très haute résolution, le son 5.1, ou même les interfaces de la boutique pour l’instant réduites à portion congrue – il faut passer par l’application mobile).

La version de « base » de Stadia qui sera proposée gratuitement (ciblant donc plutôt le grand public) est attendue l’année prochaine. La version « Pro » de Stadia qui lancée aujourd’hui s’adresse à l’évidence aux plus impatients, un public sans doute plutôt technophile, déjà équipé et habitué aux bêta-tests... Et ce sont donc manifestement ces derniers qui vont essuyer les plâtres de la technologie de Google, en attendant qu'elle soit suffisamment peaufinée en vue du lancement de la version de base dans les prochains mois. Et paradoxalement, ces premiers utilisateurs qui ne profiteront pas forcément tous du service optimum qui était annoncé sont ceux qui ont payé pour ce services – 129€ pour le pack, puis 10€/mois d'abonnement (après les trois mois d'abonnement inclus dans le pack), auxquels il faut ajouter le prix des jeux, à un tarif plutôt élevé (à partir de 19,99€ pour les jeux indépendants de la plateforme et jusqu'à 59,99€ pour les principaux blockbusters comme Assassin’s Creed Odyssey, Red Dead Redemption 2, Mortal Kombat 11 ou Shadow of the Tomb Raider (et alors même que seuls certains de ces titres font l'objet d'une remise pour les abonnés). Peut-être faudra-t-il attendre quelques mois (voire plus) et nombre d'ajustements avant de pouvoir évaluer concrètement le potentiel de Stadia. 

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