Activision Blizzard enregistre des résultats record et « se restructure profondément »

La rumeur soulevait des questions sur la santé financière d'Activision Blizzard : le groupe enregistre des résultats record, mais confirme près de 800 licenciements et se restructure « pour exprimer son plein potentiel ».

Depuis maintenant quelques mois, nombre d’indiscrétions font état d’évolutions majeurs au sein d’Activision Blizzard – on a constaté des changements de direction et la rumeur évoquait des centaines de licenciements au sein du groupe. Un climat qui n’incite pas à la confiance et les investisseurs se détournaient de l’action du groupe (qui atteignait son plus bas depuis deux ans).
La nuit dernière, Activision Blizzard présentait ses comptes du quatrième trimestre 2018 et de son exercice annuel, pour annoncer des résultats record.

Des résultats record historiques

En termes chiffrés, le groupe revendique un chiffre d’affaires trimestriel de 2,38 milliards de dollars, contre 2,04 milliards au même trimestre un an plus tôt, et là où ses prévisions tablaient sur un résultat de 2,23 milliards.
Les chiffres sont plus significatifs encore sur l’exercice annuel : Activision Blizzard réalise un chiffre d’affaires de 7,5 milliards de dollars sur l’année 2018 (contre 7,01 milliards en 2017), pour un résultat opérationnel établi à 1,99 milliards (contre 1,3 milliards un an plus tôt) et surtout un bénéfice de 1,8 milliards de dollars contre « seulement » 273 millions en 2017. Tout juste note-t-on une baisse de la valorisation du groupe (17,8 milliards en 2018 contre 18,7 en 2017), notamment parce que le studio a davantage puisé dans ses réserves de liquidités au cours de l’année écoulée.

Call of Duty: Black Ops IIII

Pour expliquer ces résultats, Activision Blizzard met notamment en avant les performances économiques de Black Ops 4, qui s’est globalement mieux vendu que Black Ops 3 à la même période et plus spécifiquement sur PC (où les ventes ont triplé) depuis le jeu est distribué en exclusivité sur Battle.net, la plateforme de Blizzard. Les contenus numériques représentent par ailleurs 40% des ventes sur consoles (contre 30% pour World WAR II en son temps).
Parallèlement, alors que King Entertainment affichait des comptes en berne en début d’année, la branche « mobile » du groupe retrouve des couleurs, avec un résultat opérationnel en hausse de 28% en un an (pour atteindre 207 millions de dollars) et surtout pour la première fois depuis le rachat du studio en 2016, le nombre de joueurs actifs augmente de nouveau (268 millions de joueurs actifs sur un mois), notamment grâce au lancement Candy Crush Friends Saga.
Seul Blizzard fait un peu plus grise mine : certes le résultat opérationnel du studio est en hausse de 51% en un an pour atteindre 241 millions de dollars, mais avec 35 millions de joueurs actifs, l’activité d’Overwatch et HearthStone est seulement « stable » (et d’un point de vue comptable, les joueurs y dépensent moins), et le nombre de joueurs de World of Warcraft décline (l’engouement du lancement de Battle for Azeroth est passé). Le studio vante néanmoins le renouvellement d'un partenariat plus étroit avec NetEase, son partenaire chinois, dont les effets se font déjà sentir. 

Une restructuration profonde

Tout est bien dans le meilleur des mondes d’Activision Blizzard ? Pas selon Bobby Kotick. Malgré ces résutlats, le CEO considère que son groupe n’exploite pas son plein potentiel. Raison pour laquelle une restructuration d’envergure vient d’être lancée pour « rationaliser » les effectifs du groupe.

Après avoir déjà renouvelé les premiers cercles de ses différentes branches, concrètement, 8% de la masse salariale d’Activision Blizzard va être remerciée, soit environ 770 salariés sur les 9600 que compte le groupe. Selon le CEO et son directeur des opérations, les postes visés sont ceux qui n’atteignent pas leurs objectifs en termes de rentabilité (principalement les « doublons » et le support), quand parallèlement, les opérations commerciales et le marketing seront réorganisés, alors que la force de production en termes de développement va être augmentée de 20% en 2019.

Ashe et B.O.B.

Dorénavant, le groupe entend dorénavant se focaliser sur ses licences fortes (Call of Duty, Candy Crush, Overwatch, Warcraft, Hearthstone et Diablo), et ses services live (Battle.net, l’esport et la publicité). C’est ainsi qu’est expliqué l’abandon de la licence Destiny à Bungie dans le cadre d’un « accord mutuel » : cette perte n’a « pas d’impact sur les comptes trimestriels du groupe, mais libère du capital » pour se focaliser sur les licences plus rentables.
Concrètement, le groupe entend donc dorénavant produire davantage et plus vite. C’est déjà la politique en place chez Activision, c’est maintenant aussi « l’objectif numéro un » chez Blizzard (on devrait en constater les effets notamment pour Overwatch et Hearthstone). Dans le même esprit, le groupe se félicite des premiers résultats de l’Overwatch League et prépare une ligue professionnelle similaire pour la licence Call of Duty (plusieurs villes à travers le monde ont vocation à accueillir des équipes, comme autant de franchises).
Faut-il voir dans cette réorganisation un risque de pertes de créativité ? Pas selon Bobby Kotick, qui assure au contraire que cette période de réorganisation est aussi l’occasion de tester de nouvelles choses. On jugera sur pièce au gré des prochains trimestres.

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