Selon Andy Jassy, le jeu vidéo pourrait devenir « la principale activité de loisir d'Amazon »

Le succès commercial de New World permettra-t-il à Amazon Game de devenir la première activité de loisir du groupe Amazon, devant même Amazon Prime (la plateforme de SVOD du groupe) ? Le patron Andy Jassy en est convaincu. 

Le groupe Amazon s’investit dans l’industrie du jeu vidéo depuis une dizaine d’années et à l’évidence, le géant du e-commerce entretient une relation ambivalente à l’égard du secteur : Amazon y a connu plusieurs déconvenues d’envergure (la plupart de ses jeux ont été abandonnés avant d’être lancés), mais le groupe rencontre maintenant un certain succès avec New World et le MMORPG réveille manifestement les ambitions de son développeur.

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Andy Jassy, le directeur exécutif d’Amazon et dont on sait qu’il est un fervent soutien d’Amazon Game Studios, était invité ce mardi à s’exprimer dans le cadre du GeekWire Summit – dont les bons mots sont rapportés par Bloomberg. Andy Jassy s’est manifestement employé à démentir les propos voulant qu’Amazon serait incapable de produire de (bons) jeux, estimant que le succès récent de New World effaçait les échecs de ces dernières années – selon le patron, on peut pas signer une réussite au premier essai et chaque échec a permis d'apprendre.
Si bien que selon Andy Jassy, la branche « jeux » d’Amazon pourrait à terme devenir « la principale activité de loisir » de son groupe. Sous-entendu, Amazon Game pourrait par exemple générer davantage de chiffre d’affaires qu’Amazon Prime, le service de vidéo à la demande d’Amazon. Avec un brin de malice, Bloomberg rappelle que la branche Prime vient d'investir 8,45 milliards de dollars pour s'offrir la MGM Film Studios et son catalogue de films. Même en intégrant le rachat de Twitch en 2014 (pour 970 millions de dollars) et les 500 millions de dollars que le groupe consacrerait à sa branche « jeux » tous les ans, on est encore loin du compte. Amazon Prime et Amazon Game ne jouent pas tout à fait dans la même catégorie – pour l’instant.

Mais la branche Amazon Game pourrait-elle rattraper son ainée grâce à New World ? Selon David Cole, analyste chez DFC Intelligence, « il est bien trop tôt pour dire s’il s’agit d’un hit ». On ne le détrompera pas – les joueurs de MMORPG savent que les jeux massivement multijoueurs doivent s’appréhender dans la durée.
Toujours d’après David Cole, tout juste peut-on dire que « ce n’est pas un désastre ». On sera là peut-être moins sévère. Les éditeurs de MMORPG sont toujours avares en chiffres, mais New World revendiquait « plus d’un million de joueurs » le jour de son lancement et les chiffres ont progressé les jours suivants. À titre de comparaison, Shadowlands, la dernière extension de World of Warcraft (considéré à tort ou à raison comme le mètre-étalon du MMO en Occident) s’est vendue à 3,7 millions de copies dans la foulée de son lancement il y a un an, ce qui avait doublé le nombre d’abonnés du MMORPG de Blizzard, dixit les comptes du studio – on le sait, les joueurs prennent quelques mois d’abonnement avec l’arrivée de nouveaux contenus, puis se désabonnent jusqu’au prochain patch d’envergure. On peut estimer que World of Warcraft compte entre deux et quatre millions d’abonnés réguliers (variant tantôt à la hausse grâce à World of Warcraft Classic, tantôt à la baisse du fait des joueurs qui papillonnent) et Final Fantasy XIV tutoie le MMORPG de Blizzard.
Avec son million de joueurs payants, New World fait manifestement figure d’outsider crédible face aux poids lourds du secteur. À ce stade, ça ne signifie évidemment pas que New World aura la longévité de WoW ou FF14, et garantit encore moins un succès durable à Amazon Game mais le studio est loin de démériter. Reste maintenant à déterminer si l’intuition d’Andy Jassy à propos d’Amazon Game vis-à-vis d’Amazon Prime se confirmera dans les années à venir – et là, le pari est peut-être plus audacieux.

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