Twitch pourra sanctionner les comportements graves perpétrés hors de sa plateforme

De longue date, Twitch modère déjà les comportements déplacés sur sa plateforme. Dorénavant, les comportements graves perpétrés hors de Twitch pourront également donner lieu à des sanctions et Twitch va s'appuyer sur des enquêteurs pour les motiver.

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La plupart des plateformes communautaires en ligne assurent au moins une forme de modération, pouvant conduire à sanctionner les utilisateurs ne respectant pas les chartes et codes de conduites des plateformes en question. Twitch n’y échappe pas et la plateforme de streaming vidéo est régulièrement amenée à sanctionner certains de ses utilisateurs pour leur comportement dans le cadre de leurs streams, voire pour des comportements initiés sur Twitch et ayant des effets hors de la plateforme (comme des appels au harcèlement lancés sur Twitch et ayant des effets sur d’autres réseaux sociaux, voire physiquement).

Twitch fait évoluer son code de bonne conduite et se réverse maintenant le droit de sanctionner ses utilisateurs convaincus de « comportements graves » perpétrés intégralement hors de Twitch, mais susceptibles de menacer les communautés de Twitch.
Plus concrètement, la plateforme vise le cas de ces streamers qui respectent scrupuleusement les conditions d’utilisation de la plateforme, mais dont les activités hors de la plateforme sont jugées répréhensibles. Twitch publie une liste de cas visés par cette nouvelle mesure :

  • Les violences mortelles et les extrémismes violents ;
  • Les activités ou recrutements terroristes ;
  • Les menaces explicites et/ou crédibles de violence de masse (menaces à l’encontre d’un groupe de personnes, d’un événement ou d’un endroit où des personnes se rassemblent) ;
  • Les dirigeant ou membre d’un groupe de haine notoire ;
  • La perpétuation ou complicité d’actes sexuels non consentants et/ou d’agressions sexuelles ;
  • L’exploitation sexuelle d’enfants, comme la prédation sexuelle et la sollicitation ou la distribution de contenu pornographique représentant des mineurs ;
  • Les actions mettant directement et explicitement en danger la sécurité physique de membres de la communauté Twitch, comme proférer des menaces de violence visant un événement Twitch ;
  • Les menaces explicites et/ou crédibles à l’encontre de Twitch, incluant les salariés et membres de l’équipe Twitch.

Manifestement, la plateforme ne veut pas être associés aux auteurs de ce type de comportements et n’entend donc pas leur offrir de tribune (dont l’audience peut être colossale).

Mais évidemment, annoncer la mesure est une chose, la faire appliquer en est une autre. Dans les cas d’infractions commises sur Twitch, la plateforme dispose des logs nécessaires pour établir les faits et le cas échéant les sanctionner. Les actes perpétrés hors de la plateforme sont plus complexes à tracer et Twitch annonce donc étoffer son service juridique et surtout s’associer à un cabinet d’investigation spécialisé, qui pourra mener des « enquêtes indépendantes » hors de la plateforme, « sur le lieu de travail et dans les campus » (« dans le respect de la vie privée » et dans la plus stricte confidentialité), afin d’établir les faits litigieux et éventuellement justifier un bannissement de la plateforme.
Twitch précise qu’en cas de sanction, les éventuelles mesures ne seront donc prises « qu’en présence de preuves, sous la forme par exemple de liens, de captures d’écrans, de vidéos sur et en dehors de Twitch, de procès-verbaux de police et toute autre interaction dont l’authenticité [aura] été vérifiée par [l’]équipe juridique ou [les]investigateurs tiers ». Et de préciser également que ce service n’a pas vocation à se substituer aux forces de l’ordre – les utilisateurs témoins ou victimes de comportements graves sont invités à porter plainte auprès des autorités légales concernées.

La démarche n’est pas courante (voire inédite ?), a fortiori au pays de la liberté d’expression. Mais la plateforme y voit le moyen de faire en sorte que « Twitch devienne un environnement aussi sûr, inclusif, diversifié et positif que possible grâce à nos actions à tous ». À chacun d’en faire sa propre lecture : les uns y verront peut-être la confirmation qu’Internet n’est pas une zone de non droit et que nos actes (virtuels et réels) y ont des conséquences très concrètes, et que le réseau social assume ses responsabilités en la matière ; les autres y constateront peut-être plutôt une nouvelle incursion des GAFAM dans nos vies quotidiennes, au-delà des seuls réseaux.

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