Les « killer games » incompatibles avec l'esprit olympique selon le président Thomas Bach

Après avoir fait l'objet d'une démonstration officielle aux Jeux Asiatiques 2018, l'e-sport a-t-il sa place aux Jeux Olympiques ? Selon Thomas Bach, président du CIO, pas tant qu'il y aura des « killer games », incompatibles selon lui avec l'esprit olympique.

On le constate depuis quelques années, les sports électroniques se développent, gagnent régulièrement en audience et tendent aujourd'hui (tant bien que mal) à se professionnaliser -- notamment dans le cadre de compétitions de plus ou moins grande envergure. On connait néanmoins l'ambition des principaux acteurs du monde de l'e-sport : faire jeu égal avec le sport traditionnel et imposer l'e-sport parmi les disciplines des grandes compétitions mondiales de sports traditionnels.
L'e-sport a fait un premier pas en ce sens dans le cadre des Jeux Asiatiques 2018 qui se tenaient jusqu'au 2 septembre dernier à Jakarta, et où plusieurs jeux compétitifs ont fait l'objet de « démonstrations officielles » -- un préalable avant d'éventuellement devenir une discipline sportive à part entière de la compétition, notamment dès la prochaine édition de Jeux Asiatiques 2022, à Hangzhou, en Chine.

Mais quid d'une intégration de l'e-sport aux Jeux Olympiques, l'un des événements sportifs les plus médiatisés au monde ?
Fin juillet dernier, les représentants du Comité International Olympique (CIO) et la GAISF (l'association mondiale des fédérations sportives) organisaient un Esports Forum visant précisément à étudier l'opportunité d'une intégration de l'e-sport dans les événements de sports traditionnels (incluant les JO) et aujourd'hui, les discussions se poursuivent au sein d'un « groupe de liaison e-sport ». Et le simple fait que ces discussions existent est en soi un pas en avant significatif -- l'e-sport est jugé suffisamment sérieux pour rejoindre la table des négociations.

Les « killer games » incompatibles avec l'esprit olympique selon le président Thomas Bach

Pour autant, l'e-sport suscite manifestement encore des réticences fortes, notamment de la part de Thomas Bach, président du Comité International Olympique. Selon le président interrogé par The Associated Press en marge des Jeux Asiatiques, l'e-sport ne pourra être intégré aux JO que si le jeu vidéo évolue significativement : « nous ne pouvons pas inclure dans le programme olympique un jeu qui promeuve la violence ou la discrimination : les killer games sont, de notre point de vue, en contradiction avec les valeurs olympiques et ne peuvent donc pas être acceptés ». En d'autres termes, les principaux jeux compétitifs (League of Legends, Dota 2, Overwatch qui reposent sur l'élimination de l'équipe adverse) seraient incompatibles avec les valeurs olympiques.
Un point de vue qui interroge quand on constate de nombre de sports de combat sont d'ores et déjà aujourd'hui des disciplines olympiques. Selon Thomas Bach, la comparaison n'est pas significative : « Bien sûr, tous les sports de combat trouvent leurs origines dans des affrontements réels entre individus, mais le sport en est l'expression civilisée. Des jeux vidéo dont l'objet est de tuer quelqu'un d'autres ne rejoignent pas les valeurs olympiques ». Les jeux vidéo ne sont manifestement pas jugés suffisamment « civilisés ». On retiendra néanmoins que les jeux non violents (les jeux de sport, les jeux de cartes...) pourraient, eux, semble garder une petite chance de devenir des disciplines sportives à part entière.

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