Le jeu rejoint le Web

Et cette même approche du MMO occasionnel, voire sur navigateur Web, semble avoir été adoptée par nombre de studios.

Sur le portail GOA, à mi chemin entre Warhammer Online et Pangya, on voit poindre Warrior Epic, Mytheon ou prochainement League of Legends. Tous les trois sont présentés comme des « casual MMO ». Ils se veulent aussi denses que le titre de Mythic (on jugera sur pièce lors de leur lancement), mais reposent généralement sur des univers fortement instanciés et affichent un gameplay plus stratégique que purement chronophage. Même politique chez Electronic Arts par exemple, qui développe son pôle de jeux en ligne de sport et de jeux en ligne occasionnels (Battlefield Heroes en tête) en parallèle aux MMORPG de Mythic ou prochainement de Bioware.

Mais d'autres se montrent plus ambitieux techniquement. Sur le même schéma que RuneScape, le studio IronRealms utilise aussi sa (longue) expérience en matière de créations de MUD pour concevoir Eternal Earth, un premier MMORPG graphique et en 3D, jouable depuis un navigateur. Loin d'afficher un contenu simpliste comme c'est parfois le cas pour les web-games, Eternal Earth intègre des mécanismes de gestion politique, du PvE comme du PvP, prend en charge une forme de housing sur fond d'écologie... Sur le papier, le jeu revendique des fonctionnalités qui n'ont rien à envier ou presque aux MMORPG d'envergure.
On retrouve la même approche sur le portail IGG, spécialisé dans le MMO gratuit. Des « Web-based MMO » (Aurora Blade) et « Casual MMO » (Galaxy Online et son client de moins de 20 Mo à télécharger) s'annoncent prochainement pour les joueurs pressés souhaitant jouer depuis un simple navigateur. De même encore par exemple pour Leelh: les larmes de l'aube ou encore FusionFall, un Web-based MMO entièrement en 3D lancé récemment et qui revendique déjà un portage sur Wii ou sur iPhone. Même approche chez id Software avec Quake Live. Le développeur qui s'est illustré à la fin des années 90 en popularisant le jeu de tir subjectif (avec Wolfenstein 3D, la série des Doom puis des Quake) et qui révolutionna le jeu 3D à l'époque, entend aujourd'hui récidiver. Le FPS en ligne Quake Live, qui lui aussi revendique le statut de « Casual MMO » se veut le digne successeur de ses aïeux, à la différence qu'il est jouable depuis un navigateur Web et totalement gratuitement (ambitionnant d'être financé uniquement par la publicité).

A l'heure où la frontière entre jeu vidéo et Internet est de plus en plus ténue et où le jeu se fait de plus en plus social, RuneScape fait sans doute figure de précurseur. Dès 2001, il posait les bases de quelques unes des recettes communautaires qui font aujourd'hui le succès de MySpace ou Facebook. Le jeu de Jagex se positionne comme un réseau social et ludique, accessible à tout moment depuis un simple navigateur Internet sur n'importe quelle configuration ou presque...
Mais l'histoire du développement de RuneScape (du projet amateur au succès commercial d'un studio faisant travailler 400 personnes) fait sans doute surtout aussi échos aux prémices du jeu en ligne. L'exemple de RuneScape pourrait presque nous renvoyer exactement trente ans en arrière, à l'heure où les MUD connaissaient leur heure de gloire. En 1979, quelques passionnés amateurs lançaient des mondes virtuels (en mode texte) tantôt imaginatifs, tantôt loufoques, sans la moindre contrainte en terme de contenu et capables de fédérer des communautés de centaines d'internautes à travers le monde. Ces amateurs d'alors sont les piliers de l'industrie du MMO d'aujourd'hui et imaginent les « blockbusters » vidéo ludiques actuels.
Grâce au développement des technologies Web, grâce aux évolutions du marché (la réceptivité des joueurs) et peut-être aussi grâce aux exemples de quelques pionniers (comme RuneScape), les créateurs anonymes d'aujourd'hui peuvent certainement imaginer des MMORPG aussi riches et inventifs que les MUD d'il y a quelques années, bien loin des carcans de l'industrie traditionnelle, mais reposant sur des technologies 3D et jouable par le plus grand nombre (tout internaute dispose forcément au moins d'un navigateur Web). Faut-il alors voir le « Web-based MMO » comme une petite porte ouverte sur le renouveau du contenu des jeux massivement multijoueurs ?

Web-based MMO, Casual MMO

Réactions


Personne n'a encore réagi. Soyez le premier.

Que pensez-vous de RuneScape ?

54 aiment, 17 pas.
Note moyenne : (78 évaluations | 7 critiques)
5,1 / 10 - Moyen

47 joliens y jouent, 147 y ont joué.