France 2030 : « bâtir l’imaginaire mondial » en investissant dans le jeu vidéo et la création de contenu

Le plan d'investissement « France 2030 » vise à débloquer 30 milliards d’euros pour « rebâtir l’indépendance productive de la France ». Dans le lot, la France entend investir dans le rayonnement culturel notamment via le jeu vidéo et les contenus audiovisuels.

Plan France 2030

Ce matin en plus de deux heures de discours, le président Emmanuel Macron présentait les grandes lignes du plan d’investissement « France 2030 », visant à débloquer 30 milliards d’euros sur cinq ans pour « rebâtir l’indépendance productive de la France ». Le plan s’articule autour de nombreux axes (développer les technologies de santé, les transports du futur, l’indépendance énergétique de la France via le nucléaire ou l’hydrogène vert, l’agriculture et l’alimentation ou encore la relocalisation de la production de composants électroniques et l'industrie spatiale), et dans le lot, le Président fixe également parmi ses priorités le fait de « bâtir l’imaginaire mondiale » en développant les filières de créations en France, qu’il s’agisse de la production de films, de séries ou de jeux vidéo.

Le constat est simple. Le soft power est aujourd’hui l’une des clefs d’influence majeure dans le monde : les Etats ne s’imposent pas uniquement grâce à leur puissance économique ou militaire, ils s’imposent aussi en exportant leur culture. Selon le Président, toutes les grandes puissances mondiales y consacrent des milliards et l’industrie culturelle et créative est aujourd’hui le théâtre d’une compétition internationale acharnée. La France ne doit pas être en reste – car à défaut, « qui bâtira l’imaginaire de la France pour demain ? ». En substance, la culture française aura-t-elle encore une place face aux super-héros américains ou aux mythes traditionnels chinois ?

Pour permettre à la culture française de subsister, voire de rayonner dans le monde, une part des investissements du plan « France 2030 » a donc vocation à alimenter la création française, qu’il s’agisse de films et séries ou de jeux vidéo. Plusieurs plans d’action sont évoqués, intégrant la création de lieux de formation (des écoles pour les techniciens de la culture, pour les scénaristes, les réalisateurs, les développeurs, etc.) et en encourageant la création de studios et la production de contenus – selon Emmanuel Macron, cette mission incombe aux acteurs privés, mais c’est aussi « le rôle de la puissance publique de déclencher l’investissement privé ». Toujours selon le Président, trois lieux en France ont déjà été identifiés pour accueillir ou développer des écoles destinés à former des créatifs et des investissements sont prévus autant pour les acteurs indépendants que les géants du CAC 40 (les investissements seront fléchés en conséquence).

On attendra de juger les mesures sur pièce, mais on sait par exemple qu’avec une politique fiscale très agressive, le Canada a su attirer des développeurs de jeux vidéo du monde entier (notamment français, autant des créateurs de studios de développement que des jeunes formés en France et qui se sont expatriés) et le Canada est aujourd’hui un pôle majeur de l’industrie occidentale du jeu. On imagine que ce plan 2030 affiche des ambitions similaires pour la France, avec l’objectif de faire rayonner la culture française dans le monde, mais aussi de doper l’économie de la culture – qui pèse aujourd’hui 91 milliards d’euros pour 640 000 emplois.

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