Les régulateurs européens (dont l'Arjel) se saisissent de la problématique des loot boxes

En juillet dernier, l'Arjel (l'Autorité de régulation des jeux d'argent en ligne) indiquait sa préoccupation quant aux loot boxes dans les jeux vidéo. Avec quinze autres régulateurs européens, l'Arjel engage une réflexion commune sur le sujet.

En juillet à l'occasion de la publication de son rapport d'activité, l'Arjel, l'Autorité française de régulation des jeux (d'argent) en ligne, faisait état de sa préoccupation quant aux loot boxes présentes dans les jeux vidéo -- ces coffres de butin proposés à la vente contre quelques euros et qui contiennent aléatoirement une babiole (le plus souvent) ou un objet rare convoité (plus rarement).
Si le jeu vidéo n'entre pas dans le champ de compétence de l'Arjel (qui régule les paris sportifs, les courses hippiques et les casinos virtuels), l'Autorité estimait néanmoins que les loot boxes empruntent leur fonctionnement aux mécanismes en vigueur dans les jeux d'argent en ligne et qu'à ce titre, elles pouvaient contribuer à inciter les jeunes joueurs à franchir un pas vers les « vrais » jeux d'argent en ligne.
L'Arjel indiquait alors sa volonté d'examiner le phénomène des loot boxes, à l'échelle européenne, avec les autres autorités de régulation en Europe.

Les régulateurs européens (dont l'Arjel) se saisissent de la problématique des loot boxes

Par voie de communiqué, l'Arjel annonce un début de concrétisation de ce projet : 15 régulateurs européens (de Lettonie, République Tchèque, de l'Ile de Man, de France, d'Espagne, de Malte, Jersey, Gibraltar, d'Irlande, du Portugal, de Norvège, des Pays-Bas, du Royaume-Uni, de Pologne et d'Autriche), auxquels s'ajoute l'autorité de régulation de l'État de Washington aux États-Unis, s'associent pour « faire le constat que l'introduction de la dimension monétaire dans les jeux dits sociaux ou gratuits et dans les jeux vidéo, peut porter atteinte aux principes communs qui fondent la régulation des jeux d'argent et en particulier la protection des consommateurs et l'interdiction du jeu des mineurs » et en conséquence, en « appellent à l'ouverture d'un dialogue constructif avec l'industrie et les plateformes de jeux et à une sensibilisation des consommateurs et des parents ».

Pour prolonger cette action, l'Arjel animera un groupe de travail sur le sujet au sein du GREF, le Forum Européen des Régulateurs de Jeux d'argent, dont la prochaine séance se tiendra le 28 septembre prochain à Paris. A plus long terme, en novembre, un séminaire intitulé « Les jeux à la lisière des jeux d'argent : le cas pratique des micro-transactions dans les jeux vidéo » se tiendra également au Palais du Luxembourg, sous la présidence du sénateur Jérôme Durain (en 2016, aux côtés d'Axelle Lemaire alors secrétaire d'État en charge du numérique, il avait déjà notamment oeuvré pour une meilleure reconnaissance de l'e-sport).
L'Arjel et les autorités de régulation européennes militent pour qu'un juste équilibre soit trouvé entre « la nécessaire protection des joueurs et le développement du secteur d'activité » du jeu vidéo, en concertation avec l'industrie et les représentants des joueurs. On sera sans doute curieux de découvrir les fruits de cette concertation.

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