Obsolescence programmée : l'UFC-Que Choisir dépose une plainte contre Nintendo

Selon UFC-Que Choisir, les manettes de la Switch connaissent un taux élevé de dysfonctionnements. Et si Nintendo remplace les manettes défaillantes, la firme ne corrige pas ce problème pourtant connu. L'association dépose donc une plainte pour obsolescence programmée. 

UFC-Que Choisir s’est fait une spécialité de défendre les intérêts des consommateurs et à ce titre, en novembre dernier, l’association recueillait les témoignages de quelque 5000 joueurs de Switch, signalant des dysfonctionnements récurrents affectant les Joy-Con, les manettes de la console de Nintendo – l’association soulignait notamment que « la manette subit des mouvements fantômes inopinés, qui empêchent les consommateurs d’utiliser correctement leur console de jeux ».
Initialement, les manettes devaient être remplacées pour un coût facturé 45 euros par Nintendo et suite à la mobilisation de l’association, le PDG de Nintendo France s’était « engagé à réparer les manettes (...) même hors garantie ».

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Tout est dès lors bien dans le meilleur des mondes ? Pas selon l’UFC-Que Choisir qui revient à la charge et le fait savoir par voie de communiqué. Certes les manettes défectueuses sont remplacées, mais l’association de consommateurs souligne que Nintendo n’est pas intervenu sur les composants sujets à panne, alors même que les manettes ont fait l’objet d’une modification de conception entre temps et que la firme japonaise est informée des dysfonctionnements, constatés depuis trois ans – après avoir procédé à des tests, l’association identifie deux sources probables quant aux pannes : une « usure prématurée des circuits imprimés » et/ou « un défaut d’étanchéité qui entraine une quantité inquiétante de débris et poussières au sein du joystick, dont l’origine paraît être à la fois interne et externe ».
En d’autres termes et toujours selon UFC-Que Choisir, Nintendo préférait manifestement réparer le désordre a posteriori plutôt que de le corriger en amont.

Or selon UFC-Que Choisir, dès lors que « la société continue de vendre des manettes qui ont vocation à tomber en panne avant la fin de la première année d’utilisation, en connaissance de cause », ces pratiques commerciales constitueraient donc « des pratiques d’obsolescence programmée ». 
Les pratiques d’obsolescence programmée sont un délit en France depuis 2015 et en conséquence, UFC-Que Choisir annonce avoir déposé une plainte contre Nintendo auprès du Procureur de la République de Nanterre. L’association considère en effet « qu’échanger ou réparer des produits, qui ont une probabilité non négligeable de tomber à nouveau en panne sous un an, ne peut être qu’un remède provisoire. Le dysfonctionnement étant connu depuis trois ans, il est indispensable que le géant nippon suive désormais un scénario curatif plutôt que correctif ». Et l’association espère que les tribunaux français imposeront donc au consolier de faire évoluer ses pratiques.
Pour mémoire, un mouvement similaire existe aussi aux Etats-Unis où Nintendo fait l’objet d’un recours collectif depuis juillet de l’année dernière. En attendant que la justice se prononce, UFC-Que Choisir invite les possesseurs de manettes défectueuses à réclamer leur remplacement ou réparation gratuitement et à signaler tout refus de la part de Nintendo via ce formulaire.

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