Menso des MMO : Quand la Chine s'éveillera

Chaque année, la ChinaJoy qui se tient à Shanghai met à l'honneur la production des poids lourds chinois de l'industrie vidéo ludique. L'édition 2011 marque néanmoins un tournant majeur : jusqu'alors très protectionniste, voire méfiante à l'égard de l'étranger, la Chine s'ouvre aux productions étrangères, tant pour accueillir les MMO venus d'Occident que pour exporter sa production et l'adapter aux marchés occidentaux. Bref constat au regard des temps forts de la ChinaJoy 2011.
Logo de la ChinaJoy 2011

Quand la Chine s'éveillera... le monde tremblera. On connaît la formule attribuée à Napoléon 1er et reprise par Alain Peyrefitte dans les années 70. Dans le petit monde du jeu en ligne, la ChinaJoy, l'un des principaux salons chinois dédiés aux jeux vidéo, en est sans doute l'illustration.

Outre moult bornes de jeux à tester, des armées d'hôtesses en petite tenue et pléthore d'animations (la ChinaJoy est notamment réputée pour ses scénettes théâtrales inspirées de jeux célèbres), du 28 au 31 juillet dernier, l'édition 2011 de la ChinaJoy de Shanghai accueillait en effet la fine fleur de l'industrie vidéo ludique (quelque 300 exposants), venues évidemment de Chine, mais aussi quelques représentants de poids venus d'Occident (Electronic Arts, Blizzard, Microsoft ou encore nVIDIA).
Depuis déjà quelques années, les exploitants occidentaux de MMO lorgnent sur le territoire chinois et ses 260 millions d'internautes (on sait pertinemment que le vrai succès - économique - de World of Warcraft résulte de la connaissance de Blizzard du marché asiatique, avant tout ses concurrents, notamment après avoir découvert l'Asie au travers de l'exploitation de StarCraft).
Mais depuis plus récemment, l'industrie chinoise du jeu en ligne est aussi devenue suffisamment puissante (un volume d'affaire de près de 35 milliards de RMB en 2010, en progression de 26% au regard de l'année précédente) pour, à son tour, convoiter les marchés européens et américains pour y exporter ses jeux.

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League of Legends: Dominion
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Et à ce titre, cette ChinaJoy 2011 était sans doute révélatrice : l'un des titres marquants du salon était sans doute Firefall, développé par le studio américain Red 5... dévoilé sur le stand du Chinois The9, actionnaire de Red 5 et principal financeur de Firefall (à hauteur de plus de 20 millions de dollars). Comme chaque année, l'acteur le plus impressionnant (tant pas ses cohortes d'hôtesses que par sa stratégie d'expansion) était à l'évidence Beijing Perfect World, dont on sait qu'il a été l'un des premiers acteurs chinois de premier plan à créer ses propres succursales d'abord aux Etats-Unis, puis en Europe pour y localiser ses titres. Le stand le plus spectaculaire était certainement celui de Tencent, le géant chinois qui présentait la version chinoise du MOBA League of Legends (après avoir racheté son développeur Riot Games en février dernier pour la bagatelle de 350 millions de dollars)... et ajoute quelques « petits » projets coréens à son catalogue comme ArcheAge (après en avoir acquis les droits auprès du Coréen XL Games pour 40 millions de dollars) ou encore Blade and Soul (le MMO d'action de NCsoft). Idem chez Snail Games, qui a profité du salon chinois pour annoncer avoir investi quelque 80 millions auprès du Russe Mental Games afin de s'assurer les droits de Black Gold, son prochain MMORPG mêlant steampunk et fantasy.
Autant d'exemples qui démontrent, s'il en était besoin, que l'industrie chinoise investit massivement et en dollars dans les studios occidentaux en vogue tant aux Etats-Unis qu'en Europe, notamment pour mieux appréhender les us et coutumes d'Occident - à en croire les conférences de la ChinaJoy, les développeurs chinois entendent fonder leurs prochains jeux sur des thèmes plus universels (tranchant avec les classiques du Wuxia, au même titre que les Occidentaux cherchent parfois à se démarquer de la fantasy) ou encore qu'ils repensent actuellement leur modèle d'affaires (jusqu'alors, les exploitants chinois étaient plutôt enclins à multiplier les jeux et à miser sur des retours sur investissement rapides quand les occidentaux basent plutôt leurs modèles économiques sur une rentabilité à plus long terme, portant sur moins de jeux).

À l'évidence, au terme de cette ChinaJoy 2011, on imagine volontiers de nombre de jeux occidentaux seront à l'avenir financés par des capitaux chinois... d'ici à ce que les jeux de l'ex-Empire du milieu débarquer dans nos contrées, forts d'ambitions mondiales bien qu'étant toujours développés en Chine.
En attendant, le mois d'août 2011 du petit monde du jeu vidéo devrait néanmoins rester très européen, notamment tout au long de la GamesCom de Cologne, qui s'impose au fil des ans comme l'un des principaux rendez-vous vidéo ludiques au monde. On l'inscrit volontiers dans nos tablettes.

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