Des poursuites contre Activision Blizzard suite à son rachat

Le 26 juillet dernier, Activision rachetait ses propres actions à sa maison-mère Vivendi dans une opération à 8,1 milliards de dollars. Le petit actionnaire Todd Miller y voit des irrégularités et réclame l'annulation de la transaction.

Le 26 juillet dernier, le groupe Activision Blizzard annonçait vouloir retrouver son indépendance et s'émanciper de Vivendi (jusqu'alors la maison-mère du groupe) et se racheter pour la bagatelle de 8,1 milliards de dollars. Et l'opération était notamment orchestrée par Bobby Kotick, à la fois CEO d'Activision (ayant racheté 429 millions de ses propres actions) et à la tête d'un consortium d'investisseurs (s'offrant 172 millions d'actions supplémentaires).

Un montage à 8,1 milliards de dollars qui n'a pas l'heur de plaire à Todd Miller, petit actionnaire d'Activision Blizzard qui dépose une plainte et entend faire annuler la transaction devant les tribunaux. Motif de son mécontentement ? L'opération serait constitutive d'une violation des obligations fiduciaires du groupe, les actifs de la société auraient été minorés et le premier cercle d'Activision Blizzard profiterait d'un enrichissement sans cause.
Todd Miller se fonde notamment sur les montants de la transaction. Le consortium d'investisseurs menés par Bobby Kotick (qui détient aujourd'hui 24,9% du groupe) aurait acquis ses 172 millions d'actions d'Activision pour un montant total de 2,34 milliards de dollars, soit, dit-il, à un tarif préférentiel minoré de 10% au regard du cours de l'action au jour de l'annonce de la vente. Outre que la remise représente un manque à gagner mécanique pour Activision Blizzard, les petits actionnaires, dont Todd Miller fait partie, n'en ont pas bénéficié. Deux poids, deux mesures peu au goût de l'actionnaire.
Le même Todd Millier souligne en outre qu'au moins six des onze membres du conseil d'administration d'Activision Blizzard étaient aussi des exécutifs de Vivendi. Une double casquette générant un conflit d'intérêt, dès lors que les concernés étaient à même de défendre les intérêts de Vivendi au détriment de ceux d'Activision Blizzard.

En conséquence, Todd Miller réclame l'annulation de ce petit arrangement à huit milliards, en vue d'une nouvelle session cette fois réalisée sous contrôle d'un juge et dans des conditions plus justes. On sera curieux de découvrir la décision de la justice américaine.

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