Zoom sur No Man's Sky, « l'anti MMO incroyablement ambitieux »

Du fait de son univers procédural, de son style graphique et de son approche très ouverte (l'anti MMO theme park), No Man's Sky apparait comme « la bonne surprise de l'E3 ». Zoom sur ce projet atypique.

Zoom sur No Man's Sky, « l'anti MMO incroyablement ambitieux »

L'E3 est le rendez-vous des géants de l'industrie vidéo ludique, et tous rivalisent pour présenter des titres « AAA », à gros budget et de grande envergure. Il arrive néanmoins parfois que ces titres laissent un peu de place à des jeux un brin plus modestes et plus confidentiels -- mais pas moins ambitieux. No Man's Sky est sans doute l'un d'eux et si le jeu se dévoilait pour la première fois en décembre dernier, il semble avoir été (re)découvert cette semaine à l'occasion de l'E3 et nombre d'observateurs le présentent déjà comme « la bonne surprise du salon ». Petite revue de détails de ce projet atypique.

Jeu « indépendant incroyablement ambitieux »

No Man's Sky
No Man's Sky

Si No Man's Sky n'était pas vraiment attendu, c'est peut-être parce qu'on classe volontiers le jeu parmi les projets modestes. Le jeu est en effet porté par le (petit) studio indépendant londonien Hello Games, fort d'une colossale équipe de quatre développeurs qu'on connait autant pour avoir déjà signé Joe Danger que pour ses déboires météorologiques (on a suivi avec force détails sur les réseaux sociaux, l'inondation des locaux du studio l'hiver dernier au cours duquel le studio a « presque tout perdu »).
Ce qui n'empêche pas No Man's Sky d'être un projet « incroyablement ambitieux » (suffisamment pour être remarqué par Sony et justifier un portage sur PlayStation 4), plongeant le joueur dans un univers « illimité » -- dixit son concepteur, Sean Murray, « extrêmement nerveux par cette présentation du jeu à l'E3 » alors qu'il était plus habitué à suivre le salon américain en streaming, de chez lui, même s'il se dit aujourd'hui « satisfait de ne pas avoir vomit sur scène ».

[No Man's Sky] est un jeu sans limite. Si vous voyez une montagne au loin, vous pouvez l'escalader. Depuis cette montagne, si vous voyez une autre planète à l'horizon, c'est une vraie zone avec un système écologique qui lui est propre. Vous pouvez prendre les commandes de votre vaisseau, voler dans l'espace et explorer le monde qui vous entoure. Et pas seulement : chaque étoile dans le ciel est la petite lumière d'un soleil avec son propre système solaire qui n'attend que vous, que vous le découvriez et que vous vous y aventuriez. »

Pour obtenir ce type de résultats et un univers si vaste, les quatre développeurs d'Hello Games s'appuient sur des « systèmes procéduraux qu'ils ont conçus ». Cet univers est créé à la volée, presque aléatoirement, au gré des découvertes des explorateurs, générant presque au hasard « de nouvelles formes de vies, des végétaux improbables et des formations géologiques incroyables ». Si bien que lors de la réalisation de la vidéo diffusée dans le cadre de l'E3, le développeur a exploré son univers et « découvert des choses auxquelles il ne s'attendait pas ». Avec la satisfaction d'avoir créé quelque-chose capable de le surprendre.

No Man's Sky, « l'anti MMO »

On le comprend, dans sa forme, No Man's Sky repose sur un univers vaste (potentiellement illimité), persistant et partagé par les joueurs. On y retrouve donc quelques-unes des composantes essentielles du jeu massivement multijoueur. Mais pour accueillir quels types de contenus et de gameplay ? La réponse s'avère encore floue, dans l'esprit même de ses concepteurs.
À en croire Sean Murray, le jeu pourrait se définir comme un « anti MMO ». Au-delà de la provocation, le développeur se dit « assez peu intéressé par les quêtes, les histoires écrites à l'avance, les PNJ avec un gros point d'interrogation au-dessus de la tête, ce genre de choses ». On le comprend, le crédo de Sean Murray est peu compatible avec le contenu « consommable » qu'on trouve dans la plupart des MMO (theme park).

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No Man's Sky

Si le contenu de No Man's Sky n'est pas encore totalement arrêté (la version actuelle du jeu est présentée plus comme une démo technique que comme un jeu, et le contenu est encore susceptible d'évolutions drastiques), il a vocation à être totalement confié aux joueurs.
On pourra « décider de voler dans l'espace pendant des années ou d'installer un campement une planète pour ne plus jamais la quitter », le développeur évoque déjà des « combats avec des pirates [à la première personne], des attaques contre des stations spatiales ou la découverte de formes de vie inconnues », le tout à bord de vaisseaux fragiles ou dans une combinaison qui l'est tout autant. On pourra collecter des ressources sur une planète, les échanger pour améliorer son équipement ou encore rechercher d'anciens artefacts permettant de mieux appréhender le monde qui nous entoure. Mais selon le développeur, « les joueurs doivent surtout avoir la capacité de créer leur propre histoire ». Ou pas.
Car No Man's Sky embarque également une dimension très contemplative (sur le modèle de l'envoutant Journey) : on peut explorer l'univers juste pour le plaisir de l'exploration. On y croisera par exemple des « dinosaures de l'espace » (visibles dans les bandes annonces), que les joueurs belliqueux pourront certes exterminer mais que les explorateurs naturalistes préféreront peut-être se contenter d'étudier. À ce stade, le jeu ne propose pas « d'objectifs », il se veut surtout une « expérience personnelle spécifique ».
Une expérience collective ? Pourquoi pas, mais essentiellement asynchrone. Chaque joueur débute sur sa propre planète aux confins d'une galaxie et il est « parfaitement possible de la vivre sans jamais croiser un autre joueur ». Le joueur pourra tout autant ouvrir « son » univers afin de le partager avec d'autres explorateurs (choisis ou non, on l'ignore encore) qui pourront alors constater ses propres découvertes (les planètes dont i la été le premier explorateur, par exemple) et le développeur évoque la possibilité de laisser sa marque dans l'univers parallèle des autres joueurs. Selon Sean Murray, No Man's Sky est presque « un anti-MMO dans la mesure où les joueurs ont tendance à être disséminés dans l'univers et spécialement non réunis ». Et c'est peut-être le meilleur moyen d'encourager l'exploration et la découverte (du monde, mais aussi des autres).

No Man's Sky est attendu l'année prochaine, sur PlayStation 4 et PC. Et si l'on ignore encore précisément le contenu qu'il sera susceptible d'offrir, on sera sans doute d'ores et déjà curieux de s'y perdre.

Merci à Thaerim pour ses indications précieuses !

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Note moyenne : (42 évaluations | 0 critique)
2,5 / 10 - Très mauvais

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