Quand Ubisoft paye le prix de ses ambitions

Après avoir annoncé des pertes prévisionnelles sur l’exercice fiscal 2013-2014, l'action en bourse Ubisoft plongeait hier de plus de 20%.

Quand Ubisoft paye le prix de ses ambitions

Troisième éditeur mondial, Ubisoft dispose dans son escarcelle de nombreux licences dont Assassin's Creed et Far Cry sur le registre du AAA. C'est notamment sur le registre du « core gaming » que l'éditeur français veut imposer sa marque, signe de ses ambitions en tant qu'acteur mondial. Révélé à l'E3 2012, Watch Dogs avait marqué les esprits et devait rejoindre les autres licences phares de l'éditeur. Initialement prévu pour cette année sur tous les supports, Watch Dogs devait surtout accompagner le lancement de la nouvelle génération console avec la Playstation 4 et la Xbox One, marquant un nouveau cycle de croissance pour l'industrie.

Développer un jeu AAA demande des investissements lourds, s'inscrivant sur des cycles de développement plus long. Et quand Watch Dogs se voit reporter de plus de 6 mois, Ubisoft annonce prévoir des pertes pour l'exercice 2013-2014 entre 40 et 70 millions d'euros. Le lendemain, l'action en bourse dévisse pour perdre plus de 20%. Pour une société valant plus d'un milliard d'euros en Bourse, cela représente une perte en terme de valeur de 200 millions d'euros.

Le retard de Watch Dogs n'est pas la seule explication. Le jeu de course en open world The Crew a été également reporté. Les ventes de Splinter Cell : Blacklist et Rayman Legends n'ont pas atteint leurs objectifs de vente. Ce qui, en passant, est dommage vu les qualités de Rayman Legends. En parallèle, l'arrêt du développement du jeu 1666 et le départ houleux de Patrice Désilets viennent noircir le tableau.

Mais l'éditeur a des ambitions et des objectifs sur le long terme : « Notre objectif à long terme est d'être le gagnant de cette nouvelle génération. Les décisions difficiles que nous prenons aujourd'hui afin de pleinement réaliser le potentiel majeur de nos nouvelles créations ont un impact sur notre performance à court terme. » Les propos du président d'Ubisoft Yves Guillemot illustre la prise de risque d'imposer des licences AAA. Cependant, l'action en bourse repartait aujourd'hui à la hausse, l'avenir nous dira si la fin 2013 est un simple accident de parcours pour Ubisoft.

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