Les juges américains gèlent la cession d'Activision Blizzard

En juillet dernier, Activision annonçait son intention de racheter son indépendance à Vivendi pour 8,2 milliards de dollars. La transaction est gelée par les juges de Delaware suite aux poursuites d'un petit actionnaire s'estimant floué.

Fin juillet, le groupe Activision Blizzard annonçait son intention de s'émanciper de sa maison-mère Vivendi et entendait dès lors racheter son indépendance pour quelque 8,1 milliards de dollars. Début août dernier, Todd Miller, un petit actionnaire du groupe, contestait néanmoins la transaction qu'il estimait entachée d'irrégularités - elle aurait été menée au profit du premier cercle des actionnaires de Vivendi, Bobby Kotick en tête, et du conseil d'administration de Vivendi, le tout aux détriments des actionnaires d'Activision n'ayant pas profité des avantages financiers qu'auguraient la transaction. En conséquence, Todd Miller en appelait à la justice américaine et réclamait l'annulation de l'opération. Début septembre, il était rejoint par Douglas M. Hayes, autre actionnaire d'Activision, qui lui aussi entendait bloquer la transaction orchestrée par la direction des groupes au motif qu'elle aurait été menée sans l'aval d'une majorité d'actionnaires (et qu'accessoirement, Bobby Kotick profitait d'un enrichissement sans cause grâce au montage de l'opération).

Hier, les juges du Delaware se sont prononcés dans le cadre de cette seconde affaire et gèlent la cession le temps qu'elle soit régularisée.
Par voie de communiqué, Activision et Vivendi prennent acte de la décision : « Au cours d'une audience tenue aujourd'hui, un tribunal américain (Delaware Court of Chancery) a fait droit à la requête du plaignant en interdisant la conclusion de l'opération sauf si cette décision est renversée ou si l'opération est approuvée par un vote de l'assemblée des actionnaires d'Activision Blizzard ». Le duo entend « mener à bien cette opération dans les meilleurs délais » et indique « examine[r] avec leurs avocats toutes les options qui se présentent à eux à la suite de la décision du tribunal ». On imagine que le groupe évalue l'opportunité (ou le risque) de soumettre la décision aux votes des actionnaires ou de dédommager l'actionnaire mécontent pour mettre fin aux poursuites (au risque d'éveiller l'appétit de ses homologues). Dans les histoires de pots de terre contre pots de fer, le plus résistant n'est pas toujours celui qu'on croit.

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