Jade Raymond : « Il est temps que le jeu vidéo grandisse un peu »

À la tête d'Ubisoft Toronto, Jade Raymond milite pour un jeu vidéo plus mature, plus profond et ayant plus de sens pour impliquer le joueur. Selon la productrice, cette approche passe notamment par le jeu connecté, où le joueur pourrait laisser son empreinte.

Jade Raymond : « Il est temps que le jeu vidéo grandisse un peu »

À la tête d'Ubisoft Toronto (notamment occupé par le développement du sixième opus de la série des Splinter Cell), la canadienne Jade Raymond milite de longue date pour une industrie du jeu vidéo plus « mature », estimant dans les colonnes de CVG qu'il « serait temps que [le] media vidéo ludique grandisse un peu ».

« Je pense que nous n'avons pas besoin de faire du Michael Bay [le réalisateur d'Independence Day et de moult blockbusters cinématographiques] afin de vendre cinq millions de copies. Je crois que les choses peuvent être enthousiasmantes, aient du sens et touchent des sujets majeurs et je ne suis pas la seule à le penser. [...] C'est vraiment quelque chose que nous encourageons chez Ubisoft Toronto. »
Selon Jade Raymond, le succès commercial n'est pas incompatible avec une certaine ambition (artistique ou de contenu). « Les jeux, je pense, ont même plus de potentiel que [d'autres formes de media], intégrant la fois un solide contenu narratif mais auquel on peut ajouter toutes les mécaniques de gameplay et créer des systèmes de règles susceptibles d'ajouter de la profondeur », même si l novation suppose de « casser les codes traditionnels pour trouver de nouvelles recettes », sans forcément renoncer à l'action mais en la rendant plus intéressante.
Et manifestement, selon la productrice, le renouveau du jeu vidéo passe notamment par le « jeu connecté et évolutif ».

« Les jeux ont besoin de devenir une véritable expérience connectée maintenant, et je crois aussi qu'en s'appuyant sur les nouvelles technologies, il y a des tonnes d'opportunités pour générer des choses bien plus dynamiques et permettant aux joueurs de laisser leur empreinte dans le monde. Par exemple, de nombreux aspect de Dark Soul reposent sur des éléments sociaux. Les gens s'influencent les uns les autres, sans avoir à réellement créer du contenu et ils partagent cette expérience au sein du jeu... Je pense que nous avons beaucoup à faire dans ce domaine. »

Et de préciser qu'il appartient aujourd'hui aux développeurs de « repenser et d'adapter le media vidéo ludique au regard de la façon dont les jeux sont réellement consommés ». « Ils doivent prendre conscience que les joueurs ont changé » et voudraient avoir un impact sur le jeu et pouvoir le partager avec les autres joueurs.
Et si Jade Raymond conspue les suites insipides (notamment au cinéma : « un bon film marche commercialement, on en fait une suite en ajoutant simplement un "2" dans le titre »), c'est au travers de Splinter Cell 6 qu'elle entend mettre en pratique ses théories. On subodore donc qu'il devrait laisser une large place aux contenus en ligne et à partager, tout en permettant aux joueurs de marquer l'univers de jeu.

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