Assemblée générale d'Ubisoft : le poids de Vivendi

Ubisoft tenait aujourd'hui son assemblée générale annuelle et la guerre froide entre avec Vivendi se poursuit. Vivendi, avec ses 20,2% des droits de votes, s'est abstenu sur l'ensemble des 26 résolutions, réussissant ainsi à en mettre quatre en échec pour bloquer la stratégie des frères Guillemot.

On l'a noté, depuis maintenant presqu'un an, le groupe Vivendi grignote progressivement le capital d'Ubisoft et en détient aujourd'hui plus de 22,8 %, pour 20,2 % des droits de votes (quand la famille Guillemot n'en détient que 19,18 %). Or aujourd'hui, Ubisoft organisait son assemblée générale annuelle et elle était scrutée tout particulièrement, puisque pour la première fois, Vivendi était susceptible d'y intervenir -- on s'attendait notamment à ce que le groupe de Vincent Bolloré y soumette une résolution visant à entrer au conseil d'administration.
Finalement, l'événement qui s'annonçait sous haute tension s'est joué en creux. Non seulement Vivendi n'a déposé aucune résolution (évitant ainsi le risque qu'elle soit rejetée par la famille Guillemot alliée à d'autres actionnaires de circonstance), mais a aussi opté pour l'abstention lors du vote de l'ensemble des 26 résolutions soumises aux actionnaires (soit 25% d'abstention systématique).

Assemblée générale d'Ubisoft : le poids de Vivendi

Pour quelles conséquences ? Au terme de l'assemblée générale, les comptes d'Ubisoft sont donc approuvés (à un peu plus de 72%), Yves Guillemot est reconduit dans son mandat d'administrateur (avec 65,17% d'avis favorables, et malgré les 8,92% de votes contre et les 25,91% d'abstention de Vivendi et ses alliés), tout comme l'avis consultatif sur les éléments de sa rémunération est approuvé également (mais à hauteur de « seulement » 63%, avec 10,5% de votes défavorables et 25% d'abstention).
Le vote devient plus significatif quand des majorités supplémentaires sont requises. Ainsi, les résolutions 22, 23, 24 et 25 (qui portaient notamment sur la possibilité, pour la société, de distribuer des actions gratuites à ses salariés ou contre une entrée dans le capital en nature) ne sont pas adoptées, à cause de l'abstention de Vivendi. En d'autres termes, les frères Guillemot espéraient manifestement augmenter le capital d'Ubisoft à bon compte pour diluer le poids de Vivendi. Une stratégie mise en échec par le simple silence de Vivendi -- qui indique par ailleurs par voie de communiqué son intention de continuer à investir dans l'industrie du jeu vidéo, fort de sa prise de contrôle de Gameloft.
De son côté, Yves Guillemot précise dans la presse qu'il ne sera « détendu que quand [Vivendi] aura vendu toutes ses actions », lui assurant un plein contrôle d'Ubisoft. La guerre larvée entre Vivendi et les dirigeants historiques du studio est donc manifestement loin d'être achevée -- quand bien même son principal effet aura été de décupler la valeur du studio (l'appétit de Vivendi a fait grimper le cours de bourse du développeur breton, valorisé aujourd'hui à plus de 3,8 milliards d'euros, soit près de deux fois plus qu'il y a deux ans).

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