Storybricks ferme ses portes - et dévoile ses secrets

Storybricks, ce studio spécialisé dans la conception d'intelligences artificielles (notamment pour EverQuest Next) ferme ses portes. Rodolfo Rosini en profite pour dévoiler qu'il avait tenté de racheter Sony Online ou 38 Studios.

Spécialisé dans la conception d'intelligences artificielles, le studio Storybricks a été popularisé auprès des joueurs en ligne grâce à EverQuest Next -- qui exploitera ses algorithmes pour animer son univers et « donner vie » à ses PNJ (ils doivent notamment « vivre leur vie » indépendamment des joueurs et adapter leurs comportements aux circonstances).
Si les réalisations de Storybricks suscitaient au moins une certaine curiosité, le studio annonce aujourd'hui fermer définitivement ses portes après cinq ans d'activité. Les deux fondateurs, Rodolfo Rosini et Stéphane Bura, entendent « passer à autres choses » (dans d'autres domaines que le jeu vidéo -- apparemment dans l'intelligence artificielle d'applications mobiles).

Storybricks ferme ses portes - et dévoile ses secrets

Peu de détails sont communiqués sur les raisons concrètes de cette fermeture, si ce n'est que les activités du studio s'avéraient peu compatibles avec la vie de famille des deux fondateurs.
Le duo est néanmoins plus loquace sur les raisons n'ayant pas de liens avec cette fermeture, notamment l'annonce récente de Daybreak Game (ex-Sony Online et développeur d'EverQuest Next) mettant un terme à son partenariat avec Storybricks. Selon Rodolfo Rosini et Stéphane Bura, le rachat de feu SOE par Columbus Nova est sans rapport avec le studio.
Pour l'essentiel, le code conçu par Storybricks (lié à EQN) est aujourd'hui entre les mains des équipes de Daybreak Game. Le reste sera mis à disposition gratuitement de développeurs qui pourraient le solliciter afin que les démos réalisées soient exploitées dans d'autres jeux. Manifestement une page se tourne, mais on ne doute pas que d'autres acteurs reprendront le flambeau de Storybricks, tant l'intelligence artificielle reste évidemment l'un des enjeux d'avenir de l'industrie vidéo ludique.

Pour l'anecdote...

Dverga

Dans la foulée, le duo dévoile aussi quelques détails insolites sur les activités du studio. On retient par exemple que Storybricks a eu des velléités de racheter feu 38 Studios (on se souvient de la faillite grandiloquente du studio de Rhodes Island), afin de récupérer les ressources de Copernicus (le MMO en développement du studio sur lequel travaillait Brian Green avant d'intégrer les effectifs de Storybricks et qui contribue aujourd'hui au développement de Camelot Unchained) afin de l'intégrer au processus de développement ouvert d'EverQuest Next. Rodolfo Rosini imaginait la possibilité pour les joueurs d'exploiter leurs propres serveurs de Copernicus au sein des infrastructures d'EQN.
Dans le même esprit, Storybricks, du haut de ses dix salariés, a aussi tenté de racheter feu Sony Online (et ses quelque 300 salariés) avec l'aide d'investisseurs externes. Manifestement, Rodolfo Rosini et Stéphane Bura avaient levé des fonds et trouvé les partenaires nécessaires pour engager des négociations avancées... avant que l'affaire ne capote à cause des « termes inacceptables proposés par Sony Japan ». D'après Rodolfo Rosini, ce rachat n'aurait « sans doute pas changé grand-chose » (les mêmes coupes dans les effectifs de Sony Online auraient été nécessaires), mais Storybricks auraient manifestement ciblé plus volontiers les « managers seniors » du studio pour conserver davantage de programmeurs dans les effectifs.
Mais on ne refait pas l'histoire et le duo conclut : « nous avons vraiment essayé de faire de notre mieux, mais ça n'a pas été suffisant ».


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