Passe ton bac d'abord... avec les MOOC

Tous les étudiants se consacrent actuellement à leurs révisions. Et peut-être au travers de MOOC, des enseignements prodigués en ligne et au plus grand nombre, s'appuyant sur des mécaniques ludiques mais soulevant aussi des questions éthiques.

Avec le développement des technologies en ligne, le jeu vidéo s'est offert la dimension massive des MMO et selon le même processus, l'éducation vise un cheminement similaire grâce aux « MOOC », pour Massive Online Open Courses, des cours prodigués en ligne massivement. Depuis maintenant quelques années, les universités et grandes écoles (notamment aux Etats-Unis) dispensent des cours online et en direct à des milliers d'étudiants - ils sont parfois plus de 100 000 à suivre simultanément un même enseignement de concert. La méthode d'enseignement se veut ludique, utilise les atouts de l'informatique (forte de supports de cours interactifs, par exemple) et s'appuie sur des mécaniques empruntées aux jeux en ligne notamment dans leurs processus de progression et d'émulation communautaire (on se souvient tout autant des expériences menés dans les universités de Second Life, par exemple).
Peu ou prou, des zones de PEX pour level up et développer ses skills de concert, pour finalement arriver suffisamment armé (intellectuellement) à un end-game redoutable baptisé « Examen de fin d'année ».
Une méthode d'enseignement qui se veut innovante et accessible, qui entend démocratiser l'accès à la culture et qui débarque en France. En prévision des épreuves de philosophie, les étudiants français soucieux de préparer leur bac peuvent s'inscrire afin de suivre une vingtaine de cours préparatoires (dispensant leçons et méthodes à raison d'un par jour - le premier était diffusé hier soir), d'interagir avec des professeurs ou d'échanger en ligne avec les autres étudiants, voire de se tester mutuellement au travers de quizz de connaissances.

Pour autant, si le MOOC s'inscrit dans une politique ambitieuse qui promeut la « société de la connaissance » (posée par le Conseil européen de Lisbonne depuis 2000), la méthode n'enthousiasme pas tous les enseignants. Certes, l'enseignement est accessible gratuitement au plus grand nombre, mais conduirait aussi à un formatage des cours dispensés. Pis, le MOOC (initialement un pis-aller) concurrencerait aujourd'hui l'université tout en en pillant les ressources et se montrerait peu efficace (aux Etats-Unis, le nombre d'étudiants abandonnant leurs études est plus importants chez les inscrits aux MOOC que chez les étudiants présents physiquement dans les établissements scolaires). Le processus soulève en outre de vraies interrogations quant à son financement : pris en charge par les établissements scolaires, ils pèseraient lourd sur les finances d'établissements déjà mal lotis ; pris en charge par des acteurs privés (comme c'est le cas de plus en plus fréquemment), les MOOC sont souvent financés par la publicité et interrogent sur l'orientation des enseignements prodigués.
Les cours de masse et à distance ou encore exploitant des méthodes ludiques existent de longue date (depuis les années 60, certains cours universitaires sont par exemple diffusées à la radio et le serious game a fait ses preuves), mais ils prennent aujourd'hui une envergure toute différente grâce aux nouvelles technologies - pour le meilleur et pour le pire ? Chacun pourra se forger une opinion à l'occasion du bac 2013.


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