Violence aux États-Unis, « le jeu vidéo ne doit pas servir de bouc-émissaire »

Suite à la tuerie de Newtown, en décembre dernier, l'administration Obama entend prendre des mesures contre la violence aux États-Unis. Le NRA est mise en cause et pointe à son tour les responsabilités de l'industrie du jeu vidéo.

Violence aux États-Unis, « le jeu vidéo ne doit pas servir de bouc-émissaire »

Les États-Unis sont ponctuellement (régulièrement ?) marqués par des tueries perpétrées notamment dans des écoles. Celle de Newtown dans le Connecticut, en décembre dernier, a particulièrement marqué les esprits (27 morts, notamment de jeunes enfants et leurs institutrices), au point d'initier une vague d'indignation dans l'opinion publique, que les fonds de pensions américains retirent leurs investissements dans l'industrie des armes ou que l'administration Obama s'engage à prendre des mesures limitant drastiquement l'accès aux armes à feu aux États-Unis.
Le vice-président Joe Biden a ainsi été nommé à la tête d'une mission spéciale en charge de soumettre des propositions de régulation d'ici au discours de l'Etat de l'Union, le 24 janvier prochain. Et cette semaine, le vice-président doit recevoir les principaux acteurs concernés, notamment la NRA (la National Rifle Association, le puissant lobby américain des armes à feu) mais aussi l'EMA (l' Entertainment Merchants Association, qui représente l'industrie des loisirs et notamment du jeu vidéo aux États-Unis).
Des organisations aux vocations très différentes, mais toutes deux mises en cause en matière de violence ou de banalisation des faits de violences outre-Atlantique.

On se souvient qu'après les événements de Newtown, la NRA évidemment mise en cause, avait non seulement proposé d'armer les enseignants pour faire face à d'éventuelles attaques tout aussi armées, mais pointait également la responsabilité de l'industrie du jeu vidéo et du cinéma (présentées comme des secteurs d'activité « cyniques, corrompus et étendant une ombre corruptrice sur les États-Unis, qui vendent et sèment la violence contre leur propre peuple », tout en organisant une collecte de jeux, invitant les américains à se débarrasser des titres violents en vue de leur destruction, sur le modèle des collectes et destructions d'armes à feu organisées par l'État).
En réponse, l'EMA adresse aujourd'hui une lettre à Joe Biden, enjoignant le vice-président à ne pas accorder « de crédit à ces affirmations ne servant qu'à distraire le public des actions significatives qui doivent protéger la jeunesse ».

« l'EMA est attristé - mais pas surprise - de voir le jeu vidéo, le cinéma et les autres formes de divertissement susceptibles de contenir des représentations de violence à nouveau blâmés suite au massacre par armes à feu de Newtown. Mais ne commettez d'erreur : stigmatiser le cinéma ou les jeux vidéo ne vise qu'à détourner l'attention du public et des médias des vraies solutions qui assureront la sécurité de nos enfants. »

Et de souligner qu'aucun élément dans le profil psychologique du tueur dressé par le FBI ne fait référence aux jeux vidéo ou une consommation excessive de films ou de séries violentes (alors qu'a contrario, il était bien inscrit dans un stand de tirs et avait accès à des armes à feu), ou encore de rappeler les nombreuses études universitaires soulignant l'absence de liens entre violence physique et pratique de jeux vidéo (on sait néanmoins qu'il existe presque autant d'études démontrant cette absence de lien de causalité que l'inverse).
On ignore si les événements de Newtown pourraient donner lieu à une législation influençant le contenu des jeux ou leur accès chez les revendeurs américains, mais l'EMA se dit quoiqu'il en soit à la disposition de Joe Biden qui doit poursuivre ses auditions pendant encore quelques jours.

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