Quand les MMORPG deviennent revendicatifs

Un article de "In Newsweekly" publié le 25 janvier dernier, se fait l'écho de l'histoire de Sara Andrews, joueuse de World of WarCraft et avertie par Blizzard pour "harcèlement" après avoir publié dans le jeu, une annonce de recrutement pour sa guilde "GLBT" (Gay, Lesbienne, Bi et Transsexuel).

D'après un article publié sur le site "In Newsweekly" le 25 janvier dernier et régulièrement mis à jour depuis, Sara Andrews aurait reçu un courrier électronique émanant des services de Blizzard, lui signifiant un avertissement pour "Harcèlement – Orientation Sexuelle" après avoir publié une annonce de recrutement pour sa guilde "GLBT friendly" (Gay, lesbienne, bi et transsexuel) sur le canal de discussion du jeu.
Ce type d'avertissements étant généralement envoyé aux joueurs tenant des propos homophobes dans le jeu, Sara Andrews demande plus d'information sur ce qui lui est reproché et cite l'annonce qu'elle a publiée avec sa demande :

Le 12 janvier 2006, dans le ville de Stormwind
« OZ recrute des joueurs de tout niveau, mais principalement de niveau 50 à 60 ! Nous préparons un raid sur Onyxia [un dragon du jeu] ! Nous ne sommes PAS "uniquement gay, lesbienne, bi et transsexuel", mais nous sommes "gldt friendly". »

En réponse, l'équipe de Blizzard lui rappelle que la CLUF interdit les propos notamment « illégaux, injurieux, constitutif de harcèlement, diffamatoires, vulgaires, obscènes, haineux, explicitement sexuels ou racistes, etc. », incluant selon l'équipe de Blizzard, « à la fois les propos clairement affirmés ou sous-entendus, faisant référence à tout aspect de sa propre orientation sexuelle ou de celle d'autres joueurs » et poursuit :

« Merci de garder en tête que nous décidons souverainement et discrétionnairement des propos que nous acceptons ou non dans le jeu. Bien que certains propos puissent ne pas sembler agressifs de prime abord, ils peuvent engendrer certaines réponses d'autres joueurs et initier des discussions qui n'ont pas leur place dans notre jeu. Aussi, je crains de ne pas pouvoir annuler, réduire ou revenir notre précédente décision » [signifiant l'avertissement pour harcèlement].

Plusieurs guildes "GLDT friendly" se sont émues de la réaction de Blizzard, ne comprenant pas l'avertissement au regard du message initialement publié, ni que cet avertissement puisse être justifié par les éventuelles réactions homophobes d'autres joueurs. D'après "In Newsweekly", Stonewall Champions et The Spreading Taint, deux importantes guildes gay prépareraient une proposition d'évolution du CLUF de World of Warcraft relative au harcèlement sexuel dans le jeu.

Au-delà du cas particulier de Sara Andrews (qui affirme ne pas vouloir reconduire son abonnement à WoW), cet épisode soulève une question sur ce que sont intrinsèquement les MMORPG. Faut-il les considérer comme de simples "jeux" n'ayant qu'une vocation ludique ou au contraire comme des "mondes virtuels", dotés d'une organisation sociétale propre, ayant son propre système politique devant réguler (ou censurer) les comportements des "résidents" de l'univers virtuel, revendiquant des droits civils, voire fondamentaux ?
En janvier 2000, Raphaël Koster (activiste du Web, vétéran des MUD et ayant participé au développement de plusieurs MMORPG comme Ultima Online ou Star Wars Galaexies) avait rédigé une "Déclaration des Droits des Avatars", devant reconnaître des droits fondamentaux aux avatars de mondes virtuels. Cette déclaration mérite peut-être aujourd'hui d'être redécouverte sous un jour nouveau, alors que les MMORPG accueillent toujours plus d'intervenants et autorisent des interactions toujours plus complexes entre les joueurs.

Source : http://www.innewsweekly.com/innews/?class_code=Ga&article_code=1172

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