Le jeu vidéo en ambassade à la Maison Blanche

Malgré l'image quasi-méphitique qu'il traine parfois, le jeu vidéo est aussi un outil pédagogique que l'administration Obama entend développer dans le cadre de jeux éducatifs rivalisant avec les meilleurs jeux vidéo du moment.

Le jeu vidéo en ambassade à la Maison Blanche

Même si l'affirmation tend sans doute à évoluer, force est de constater que le jeu vidéo a longtemps souffert d'une image quasi-méphitique. Ils encourageraient la violence, seraient sources d'addiction ou encore d'échecs scolaires...
Mais pas seulement. Le jeu vidéo serait surtout un outil pédagogique particulièrement efficace, « un atout pour la santé, l'éducation, l'engagement civique et pour l'environnement ». C'est en tout cas la thèse défendue par Constance Steinkuehler dans USA Today, joueuse de World of Warcraft et Lineage, chef de guilde pendant trois ans et demi, chercheuse à l'Université du Wisconsin... en plus d'avoir récemment rejoint l'équipe du président américain Obama au département « Science et Technologie » de la Maison Blanche pour promouvoir le jeu vidéo au sein des institutions publiques.

Et on le comprend, le jeu vidéo est aujourd'hui un produit culturel intergénérationnel et touchant toutes les catégories de population : aux États-Unis, le joueur moyen à 37 ans, 42% des joueurs sont des joueuses (elles sont plus nombreuses que les joueurs adolescents de moins de 17 ans), deux-tiers des foyers américains sont équipés (en consoles, ordinateurs pour le jeu, etc.) et depuis 1999, le nombre de joueurs de plus de 50 ans a triplé.
Le jeu vidéo mérite donc une certaine attention politique - a fortiori quand, selon Constance Steinkuehler, les jeux peuvent s'avérer bénéfiques.

Selon ses études, « les experts de n'importe quelle discipline peuvent être formés intégralement uniquement en jouant aux jeux vidéo ». Et comme aujourd'hui les serious games (ces jeux éducatifs) sont souvent un brin austères, voire rébarbatifs, elle milite pour le développement « d'énormes jeux pour-sauver-le-monde », « avec un contenu éducatif au top niveau, mais avec un design magnifique et un niveau de qualité à l'avenant ».
Et Constance Steinkuehler semble entendue puisque dans un discours à la TechBoston Academy, le président Obama (qui incitait les parents, lors de sa campagne, à ne pas laisser les enfants devant les jeux vidéo) s'engageait récemment pour le développement de « logiciels éducatifs capables de rivaliser avec les meilleurs jeux vidéo », concluant son intervention en incitant l'auditoire à « rester scotché devant des jeux vidéo qui [leur] enseignerait autre chose que de tout faire exploser ». De quoi imaginer aller « jouer » prochainement en « salle de classe » ?

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