Une introduction en bourse en demi-teinte

Vendredi dernier, Zynga entrait en bourse et levait un milliard de dollars. Aujourd'hui, l'action a déjà perdu 10% de sa valeur et pousse les observateurs à s'interroger sur la pérennité (économique) du « jeu social ».

Une introduction en bourse en demi-teinte

On l'évoquait depuis plusieurs semaines, depuis vendredi dernier, le groupe Zynga est officiellement coté en bourse. Le géant américain du « jeu social » (à qui l'on doit notamment la série des FarmVille, CityVille, ou encore les Mafia Wars exploités notamment sur Facebook) a émis 100 millions d'actions à 10 dollars pièce et ainsi levé un milliard de dollars devant lui permettre de poursuivre (et étoffer) ses activités. L'opération financière est présentée comme l'une des plus volumineuses depuis l'introduction en bourse de Google en 2004 (et en attendant l'introduction en bourse de Facebook prévue pour l'année prochaine) et valorise dès lors Zynga à quelque 8,9 milliards de dollars (devant Electronic Arts ne pesant « que » 6,9 milliards, mais pas encore au niveau d'Activision et ses 13,6 milliards de dollars sur la balance - mais on est loin de la valorisation espérée par Zynga il y a encore quelques mois, comprise entre 14 et 20 milliards).

Et l'opération est manifestement loin d'emballer les investisseurs. L'action de Zynga émise à 10 dollars ne valait plus que 9,50 dollars vendredi soir dernier à la clôture et cote aujourd'hui à moins de 9 dollars (une baisse de plus de 10% en deux jours d'échanges). Et pour les analystes financiers (notamment Paul Kedrosky de Bloomberg), l'action pourrait chuter à moins de 6 dollars d'ici un an.

Au-delà de la valse des chiffres, chez les observateurs, le résultat interroge sur la pérennité (économique) du « jeu social ». Si le genre permet d'attirer rapidement un très grand nombre de joueurs, on le dit trop tributaire de Facebook pour pouvoir prendre un réel essor de façon autonome, et surtout incapable de fidéliser durablement les joueurs. L'exemple de Zynga le montre, les jeux sociaux tendent à s'essouffler vite notamment du fait d'un gameplay manquant de profondeurs dont les joueurs se lassent (a fortiori chez Zynga, qu'on dit composé d'une multitude de studios disparates acquis au fil du temps, mais sans vision claire, sans stratégie globale, ni de réelle culture ludique).
Le « jeu social » a sans doute encore quelques atouts à faire valoir (notamment parce que plusieurs acteurs de poids s'y intéressent - Electronic Arts ou Disney, entre autres - et parce qu'il pourrait aisément trouver sa place sur des plateformes mobiles qui semblent aujourd'hui répondre à l'air du temps), mais peut-être n'est-il pas la panacée que certains imaginaient initialement.


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