Pas de deux sur Persona 4: Dancing All Night

Un jeu de rythme tout droit venu du Japon évoque le plus souvent des symboles qui illuminent par milliers l'écran de votre console ou de votre télé au point de rendre épileptique un aveugle. Nombreuses sont les sagas de jeux vidéo qui ont tenté le spin-off rythmique, et c'est au tour de Persona de s'y coller.

Ce rythme qui t'entraîne jusqu'au bout de la nuit, réveille en toi le tourbillon d'un vent de foliiiiiiiiiiiiiie...

Hum. Ca a commencé là ? Bon, ok, désolé, on reprend.

Après Shin Megami Tensei, après Persona 4, après Persona 4 : Golden, après Persona 4 Arena, vous l'attendiez tous avec impatience, Persona 4: Dancing All Night fait enfin son arrivée en Europe !

En 2013 parvenait sur nos Vita la réédition d’un jeu encensé par la critique mais resté méconnu du grand public sur la Playstation 2 : Persona 4. Un jeu de rôle mêlant Visual Novel, enquête, introspection, vie quotidienne et explosion de faces de monstres à grands coups de magie.
La bande son de ce dernier a su se faire une place parmi les OST marquantes du jeu vidéo, et c'est fort du succès de son opus canonique qu'Atlus a eu la bonne idée de le décliner cette fois-ci en jeu de rythme.

Si vous avez suivi l'actualité vidéo ludique de ces derniers mois, vous n'avez pas pu le manquer, il était à tous les grands salons à renforts de posters bariolés, de costumes de Teddy et de musiques disco / funky / groove, Atlus veut vous faire danser toute la nuit... mais le pari est-il réussi ?

Valses déviantes

Pas de deux sur Persona 4: Dancing All Night

Dancing All Night nous emmène six mois après les événements de Persona 4, alors que Rise, l’Idol du groupe, prépare son grand retour sur scène. Pour ce faire, elle a décidé de se faire accompagner de ses amis, et c’est les sept autres joyeux larrons de Persona 4 qui vont danser avec elle lors du Love Meets Bonds, un grand festival où elle souhaite retrouver son public.

Vous incarnez donc Yu, le protagoniste de Persona 4, qui a rejoint Rise en compagnie de Naoto, pour une petite répétition en attendant que le reste de la bande puisse les rejoindre.

Contre toute attente (*tousse*), tout ne va pas se passer comme prévu et une rumeur qui va vous rappeler des souvenirs arrive à vos oreilles : une vidéo maudite d’une Idol morte apparaîtrait tous les soirs à minuit sur le site du festival.

Manque de bol, dans la foulée, un groupe d'Idol nommé les Kanimin Kitchen va voir quatre de ses membres se volatiliser !

Ni une ni deux, vous savez ce qu'il vous reste à faire : rejoindre le royaume des ombres (en vous faisant attirer par des rubans jaunes, parce que) pour sauver les demoiselles en détresse à grands coups de groove !

Quand tu danses, quand tu danses

Bon, tout ça c'est bien joli, mais on nous avait promis un jeu de rythme, et après cette looooooooongue introduction, nous voici enfin au coeur du jeu, on va danser.

On ne va pas la faire longue, si vous avez déjà joué à un jeu de rythme, le gameplay sera excessivement simple à comprendre : des petites étoiles partent du centre de l'écran, se dirigent vers des icônes autour de l’écran, à vous d’appuyer sur le bouton correspondant quand elles y sont.

On notera l'utilisation des sticks de la console pour activer les cercles arrivant généralement à contretemps, compliquant notoirement la tâche.

Le mieux vous réussissez votre partition, plus le public est ravi, votre objectif sera bien évidemment de faire en sorte qu'à la fin de votre prestation, il soit aux anges. Parce que le public de ce monde est plutôt peu engageant, et tout échec un peu trop prononcé signera votre arrêt de mort.

Entre tradition et modernité, le gameplay s’avère efficace sans révolutionner le genre, et les plus novices parviendront sans difficulté à parcourir la playlist dans les difficultés les plus basses.

Il mashait des boutons debout

Bien que présenté comme centré autour de la danse, votre principale préoccupation restera la même que dans tout jeu de rythme : appuyer sur les boutons qui défilent, et à moins de disposer de paires d’yeux supplémentaires, vous devrez attendre d’avoir fini votre morceau avant d’accéder au Replay et de constater que fichtre, ils ne se moquent pas du monde !

Des chorégraphies aux petits oignons, une réalisation qui ne manque pas de style, des décors variés, voilà qui va vous faire oublier un moment la tracklist pas folichonne du jeu qui n'offrira en tout et pour tout qu’une petite trentaine de titres, dont un nombre non négligeable de remixes.

Pour les plus riches d'entre vous qui compteraient sur les DLC pour remplir vos sessions de jeu, rangez vos cartes bleues, le jeu ne dispose pour sa sortie européenne que de 4 morceaux en DLC, et guère plus aux États-Unis ni au Japon. Misez donc sur les titres inclus dans le jeu pour vous rassasier, et, en consultant la liste des titres, constatez que « mais, où sont mes morceaux préférés de Persona 4 ? ». Bien qu'appréciable et de qualité dans son ensemble, la tracklist reste limitée, et le charme de certains titres perdu dans les remixes.

Reste que les plus accrocs et doués pourront s’arracher les cheveux devant les difficultés les plus élevées, et envisageront rapidement de multiples greffes d’yeux pour arriver à suivre les avalanches de symboles dévalant à l’écran.

Persona oblige, on ne se contente pas d'un jeu de rythme, on ajoute des broderies constituées de (longs) pavés de textes.

Bon, vous vous souvenez de toute cette histoire de bande son marquante dans Persona 4 ?
Paradoxalement, ici, la musique extradiégétique (c'est le mot joli pour dire « la bande son du jeu », celle qui n’est pas entendue par les personnages) se fait rare. Très rare. Trop rare.

De longs dialogues vous attendent, uniquement doublés en anglais et sans grande conviction (le jeu propose heureusement de désactiver les voix pour se contenter de la lecture), ceux-ci se feront la majeure partie du temps dans le silence, ou avec des bruits parasites fort peu agréables.

Visual Novel oblige, vous aurez occasionnellement des choix à faire lors des dialogues, choix qui... sont sans répercussion notable sur l'histoire.

Un comble pour un jeu de rythme donc : la musique vous manquera terriblement.

Ajoutons à tout cela une structure narrative qui se répète, des enjeux ayant toutes les chances de vous laisser indifférent et de longs dialogues peu inspirés, et même les plus ardents fans de Visual Novel tourneront régulièrement de l’œil. Heureusement que certaines cartes viendront leur faire fondre le cerveau, comme par exemple le DLC Hatsune Miku (sorti uniquement au Japon) dans sa difficulté maximale.

Je veux juste une dernière danse

Une réalisation aux petits oignons, un gameplay accessible mais laissant de la place aux plus ardents rythmophiles, des titres de qualité, un mode histoire d’une durée tout à fait honnête, tout partait bien pour ce Persona 4 : Dancing All Night !

Mais avec Persona 4 en mètre étalon, l'attente était grande, et malgré la qualité de certains remixes, on pouvait espérer mieux côté tracklist. L'histoire quant à elle ne convaincra que les plus grands amoureux d'idols japonaises, et le son méritera d’être coupé en dehors des phases de danse, tant l'absence de bande son et les doublages anglais peu heureux déprimeront vos oreilles entre deux phases sur les pistes.

Au contraire d'un Final Fantasy : Curtain Call, aucune mécanique pour donner un goût de reviens-y, une fois un morceau achevé dans une difficulté, aucune raison d'y revenir si ce n'est pour améliorer son high-score ou gagner quelques piécettes pour acheter des costumes et objets pour les personnages.

On regrettera aussi l'absence de français pour les textes, malgré le retard de plus d'un mois sur les États-Unis, même si aucune notion d'anglais n'est nécessaire pour la partie jeu de rythme.

P4D 06

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