« Xbox reset » : vague de licenciements et cessions de studios dans le cadre d'une restructuration d'envergure

C'était annoncé, c'est maintenant effectif : la branche Xbox de Microsoft vient de licencier 1600 salariés (et le chiffre doit atteindre 3200 postes dans les mois à venir) et revend plusieurs studios pour se restructurer de fond en comble. 

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On savait que le couperet allait tomber, on en découvre maintenant les chiffres : 1600 salariés du groupe Xbox viennent d’être licenciés et le chiffre atteindra 3200 postes au sein de la branche jeu vidéo de Microsoft dans les mois à venir (soit 20% des effectifs de Xbox). Parallèlement, des budgets sont coupés (Xbox a récemment mis un terme au financement du Project Fantasy de IO Interactive) et le groupe entend aussi céder plusieurs de ses studios de développement.

En vrac, Compulsion Games et Double Fine vont redevenir des studios indépendants, repris par leurs fondateurs d’origine avec leurs licences et leur catalogue de jeux. Ninja Theory et Undead Labs sont en cours de vente et des accords de financement ont manifestement été conclus pour permettre au moins à ce dernier de poursuivre le développement de State of Decay 3 – qui, de fait, ne sera vraisemblablement pas distribué sur le Game Pass. En France, Arkane Studios est aussi sur la sellette mais la législation française du travail, très protectrice, oblige Xbox à encore « examiner les options stratégiques potentielles ». Le plus souvent, ces pertes de financement et changements de propriétaires engendre des licenciements, qui s’ajoutent à ceux du groupe Xbox.

La plupart des studios Xbox sont ou seront touchés par ces licenciements à des degrés divers, parmi lesquels Activision, Blizzard et King, Mojang et Xbox Game Studios, mais aussi Bethesda et ZeniMax ou encore Obsidian (environ un quart des effectifs du studio serait concerné). On retient plus particulièrement ici le cas de ZeniMax Online qui assure l’exploitation d’Elder Scrolls Online. Après avoir déjà été durement touché voici quelques mois, ce serait la moitié des effectifs du studio qui aurait été licenciée, dont plusieurs de ses figures historiques – notamment Mike Finnigan à qui l’on doit la plupart des donjons du MMO depuis ces quinze dernières années, ou encore Jeff Grubb, l’un des artisans du contenu narratif du jeu.

« Xbox reset » : restructurer le groupe Xbox de fond en comble

Comment expliquer cette restructuration massive ? Fin février dernier, Asha Sharma était nommée à la tête de la division Xbox de Microsoft pour succéder à Phil Spencer et elle s’était donnée cent jours pour restructurer un groupe qu’elle juge « trop complexe » (du fait de strates hiérarchiques trop nombreuses), trop peu efficace (pas assez de synergies entre les studios) et pas suffisamment adapté aux défis à venir (comme faire face à la hausse du coût des composants informatiques ou à la réorganisation de l’industrie du jeu).

Asha Sharma

Elle estime que Xbox est aujourd’hui « en concurrence non seulement avec les plus grands éditeurs mais aussi avec les petits studios indépendants » et qu’il « n'est ni possible ni souhaitable [pour Xbox] de posséder tous les grands studios indépendants ». Et d’enfoncer le clou : « nous avons également constaté que nous ne sommes pas la meilleure option pour tous les types de studios ; en moyenne, nous avons perdu 64 cents pour chaque dollar investi chaque année ». Le constat peut interloquer quand on rappelle que ces dernières années, Microsoft a investi des dizaines de milliards de dollars dans l'acquisition de studios et de savoir-faire. 

Elle entend donc « réorienter les investissements [de Xbox] vers des projets prioritaires » tout en améliorant l'efficacité du groupe : elle évoque des bases de code rationalisées, un partage accru des ressources du groupe ou encore une réduction de 50 % des dépenses liées aux prestataires externes. Plus prosaïquement, Asha Sharma considère qu’il n’est pas nécessaire de détenir pléthore de studios de développement qui œuvrent tous chacun de leur côté et que les studios qui restent au sein du giron de Microsoft devront rationnaliser leurs activités en développant des synergies entre eux. Il en coutera néanmoins 3200 licenciements et on peut sans doute s’interroger sur les conséquences à long terme, directes et indirectes, pour Microsoft et l’industrie du jeu en Occident – que soit en terme de préservation des savoir-faires, d'identité des studios ou de diversité de production, notamment.

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