Orator, bellator, laborator

9/10
Il me semble que le temps est venu d'écrire quelques mots à propos d'Okord.
Quelques mots, avant la fin brutale de mes rêves de gloire et de puissance.
Dans quelques minutes, la poignée de chevaliers, de vougiers et d'archers qui tiennent encore les remparts de ma citadelle tenteront une sortie pour repousser les milliers de trébuchets, balistes et catapultes assemblés par ces diables de Valyriens, Araldiens, Samariens et autres Sudordiens...
A croire que toutes les Maisons d'Okord se sont donné rendez-vous sous mes machicoulis.
J'ai pourtant prié les Dieux Anciens.

[Okord propose à chaque nouveau joueur de choisir l'une des trois religions du royaume (background détaillé, unité spéciale associée au choix) ]

Imploré que la division perdure.

[Le nouvel arrivant est invité à choisir une faction. Les "ordres", "alliances", "confédérations" sont nombreux, organisés, animés, et leurs rivalités garantissent la réjouissante instabilité politique du jeu. Ces groupements de joueurs constituent également une des bases du "Role-Play", qui est une de grandes richesses du jeu]

Supplié que les haines ancestrales, les querelles religieuses, les ambitions contrariées favorisent mes projets.

[Le jeu se fonde sur un background riche et détaillé. Il convient de s'imprégner de l'histoire et de la géographie du royaume pour savourer pleinement Okord].

Espéré que nos belliqueux voisins épousent ma cause.

[Okord n'est que l'élément central d'une géopolitique plus vaste et très variée. Okord, terre médiévale imaginaire (mais non fantastique) n'est qu'une petite pièce du puzzle. De puissantes entités aux appétits féroces lorgnent sur le petit territoire qui ne doit sa relative autonomie qu'à la férocité de ses Maisons (c'est à dire... les joueurs) . Les empires d'Abrasil, de Deomul, le Gundor, l'Osterlich, la république valésiane, la Horde (...) représentent pour tout seigneur une menace terrible, ou l'espoir d'une alliance. Ce qu'il y a de véritablement formidable dans ce jeu, c'est que toutes les options sont offertes, une équipe de MJ remarquablement compétents et réactifs décidant s'il convient de valider les propositions des joueurs et se chargeant de retranscrire leur éventuel impact dans l'univers d'Okord. Okord, c'est une chanson de geste écrite quotidiennement par les joueurs, sous contrôle d'animateurs garants de la cohérence de cette aventure collective]

J'aurais dû cracher sur les Dieux endormis, et choisir d'épouser la fureur d'Yggnir. Qu'on me donne seulement un bataillon de ses huscarls...

[Le jeu comporte une dimension politique, une dimension RP, et un important volet tactique. Il existe de nombreuses unités combattantes (engins de siège, cavaleries diverses, fantassins variés, tireurs...) dont l'usage opportun et les combinaisons habiles sont une clé du succès. En tant que seigneur de fief, vous ne manquerez pas de mener souvent vos hommes à la bataille, individuellement ou à l'intérieur d'un ost de plusieurs joueurs, et peut-être vous spécialiserez-vous dans un type d'unité ou dans une forme de combat]

J'étais pourtant si près du but. Mon étoile brillait plus fort que toute autre et je grimpais, deux par deux, les marches qui menaient au trône.

[Le joueur commence avec le grade de chevalier et gagne, avec le temps et des exploits, titres de noblesse, droit de gouverner des provinces, droit de siéger au Haut-Conseil (...) , le plus haut rang - très convoité - étant celui de Roi (ou polémarque) d'Okord. Les points sont gagnés en bataille, dans des tournois, en développant son économie et peuvent même être attribués à titre exceptionnel par les MJ]

Je regarde ceux qui vont charger à mes côtés. Ceux qui restent.
Un duc, un marquis. Deux comtes, quatre vicomtes et huit bannerets. Plus blancs que linge, ils feront néanmoins leur devoir de vassaux.

[L'une des grandes forces d'Okord est d'immerger le joueur dans une simulation féodale complète, qui inclut le lien vassalique. Il est hautement recommandé au joueur débutant d'intégrer une chaîne vassalique (système pyramidal organisant une faction du prince le plus puissant au chevalier le plus humble) . La protection d'un joueur puissant est primordiale pour pouvoir développer sereinement son fief, et s'intégrer pleinement à l'histoire d'Okord. Un bon suzerain, en prime, ne sera jamais avare de conseils et de coups de main (or, nourriture, ouvriers, appui militaire) envers son vassal. En termes de jeu de rôle, cet attachement au système féodal est également très plaisant. Chaque joueur peut être suzerain ou vassal. En règle générale, il est à la fois l'un et l'autre]

Leurs regards sont vides, hagards. Ils savent bien ce qu'ils peuvent perdre. Ils craignent aussi le déshonneur de la capture (une autre possibilité du jeu, synonyme de rançon) . Je devine leurs pensées, tournées vers leurs villages paisibles et opulents. Terres défrichées, marchés agrandis, murs levés, universités bâties. L'espérance d'une vie prospère.

[L'économie est un facteur important du jeu. La richesse augmente votre prestige, vous permet de lever de puissantes armées et de construire donjons et remparts. Il convient de développer correctement chaque fief que l'on possède (jusqu'à 25 territoires) pour en tirer le plus de ressources possibles. Le choix du terrain est, à ce titre, primordial et il n'est pas rare de voir des tensions naître autour d'une plaine particulièrement fertile].


Toute espérance sera vite balayée. Finissons-en, en beauté et dans l'honneur. Un geste de ma main droite, et voici que sire Hector lève mon étendard. Tandis qu'on lève la herse et que je m'apprête à hurler le nom de ma Maison immortelle, je songe que tout cela - prier, travailler, et combattre - en valait la peine.
J'étais si près du but.
Si je tombe, une autre prendra ma place, pour écrire son histoire dans la grande Chanson d'Okord. Et celui-là, l'ami, ce pourrait être toi.

[J'ai rejoint récemment la communauté vivante et sympathique d'Okord, et j'ai immédiatement été conquis par ce jeu qui combine gestion, stratégie et RP dans une interface agréable et intuitive. Tout est fait pour faciliter les premiers pas du débutant. Gentillesse des aînés, et quêtes tutorielles "instructives". La présence de MJ compétents et motivés composant avec l'infinité de possibilités scénaristiques représente aussi un atout précieux. Par ailleurs, je n'avais pas lu de textes aussi magnifiques depuis l'âge d'or du vénérable Gloire & Pouvoir (Lisez donc Elmut, Von Festung, Elverid, Enguerrand, De Karan... ! ]. J'ajoute, pour finir, qu'Okord est un jeu gratuit qui ne nivèle pas la puissance des joueurs par l'argent. Si vous avez un brin de jugeote, je vous retrouve "là-bas" bientôt. En frère d'arme, ou bien en cible de vos archers ! ]

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Note moyenne : (28 évaluations | 5 critiques)
7,4 / 10 - Bien

22 joliens y jouent, 24 y ont joué.