Une profonde déception

4/10
Celestus est un Ogame-like qui reprend tous les grands concepts classiques d’un jeu de stratégie spatial par navigateur, avec son lot d’innovation forte intéressante.

Au-delà de la simple gestion de planète, bâtiment, flotte, vaisseaux, etc… ce jeu pousse le concept à son paroxysme en ouvrant comme rarement vue sur le net le champ des actions et interaction in-game.

L’on peut noter par exemple :
  • Déroutage et gestion quasi libre d’une flotte en vol
  • Interception de flotte ennemie
  • Un système monétaire avec sa bourse pour acheter et vendre tout sorte de ressource, vaisseaux, et objet.
  • Collaboration entre joueurs très riche grâce à de nombreuses possibilités offertes par le jeu dont : construction de bâtiment pour autrui, augmentation de technologie, attaque groupé
  • De nombreux objets à découvrir comme les portes spatiales, rampes de lancement, stations commerciales, et j’en passe…
  • Une gestion de l’espace et des distances qui se veut plus réaliste qu’accoutumé, avec un univers intégré en une seule galaxie et sa carte 2D au potentiel tactique non négligeable.
Une richesse rare dans le domaine, qu’il faudra presque un an à un joueur moyen pour faire le tour de l’univers offert par Celestus.

Du coté role play, les amateurs ne seront pas en reste, l’on intègre une des 7 factions du jeu et l’une des 7 guildes disponibles, chacune avec son histoire propre. Des évents rythmeront le jeu dans son ensemble comme l’apparition d’ennemis PNJ et son lot de mystères à découvrir (ou presque). Tout y est pour ne pas sombrer dans la lassitude symptomatique des jeux du genre.

En ce qui concerne le gameplay, relevons une interface au thème post-futuriste qui manque toutefois de lisibilité et une 3D tout aussi isolante qu’inutile, qui a néanmoins le mérite de satisfaire les yeux et la curiosité des nouveaux venus durant leur première heure de jeux.

Coté tarif le jeu propose un bonus en terme d’interface qui simplifieront en un clic les taches les plus indispensables du jeu.
Cependant soyez vigilant, aucune CGV ni mention légal n’est édité, sur le jeu ainsi qu’aucune déclaration CNIL. Et chose surprenante le multi compte et autorisé si vous payez l’option.

Cependant au-delà du côté pile de cette pièce ostentatoirement lustré, le côté face révèle quant à lui, d’un amateurisme déconcertant. D’un point de vue technique le codage de l’interface web, ressemble à un gigantesque bricolage bancal sans aucun respect des normes en usage (exit le W3c) , ni optimisation quelconque.
  • Ajax pointe aux abonnés absents, alors que cette technologie est maintenant rentrée dans les mœurs et les standards du web, et que son utilisation a été largement facilitée grâce aux diverses librairies tel que mootools et Jquery, Celestus utilise en lieu et place un montage alambiqué à base de Frameset et de Javascript cavalier digne de l’internet des années 90, pénalisant dangereusement la réactivité du jeu. (à noter : comble de l’ironie, Jquerry est utilisé par Celestus)
  • L’intégrité de nombreuses actions du jeu n’est pas vérifiée côté serveur, à tel point qu’il est de la portée d’un étudiant de première année en informatique de « Tricher » allégrement de façons plus ou moins discrète.
  • De nombreux bugs persistent dans l’interface comme dans les jeux lui-même et les mises à jour censées les corriger, à défaut d’être testées en apportent de nouveaux.
  • Le manque de rigueur et stabilité font que certaines opérations de maintenance qui semblent être effectuées se terminent en catastrophe. On se souviendra d’une migration de serveur qui s’est conclu par la destruction de plusieurs comptes utilisateurs ainsi que certaines fuites inquiétante.
De ces lacunes résultent de graves déséquilibres in-game, à en croire les confidences de certain usagés sur les réseaux parallèles (Skype pour ne citer que lui) , le bug-using est devenue le sport national sur Celestus. Expérience vécue, les plus aguerris aux technos du web échangent script et autre astuces du genre pour contourner les règles jusqu’à ce qu’un honnête joueur n’ose relever une faille. Joueurs tellement honnête que certain se sentent obliger d’apporter des correctifs pour des erreurs basique de débutant. Tout cela donne l’amère impression que Celestus a été conçu par un développeur dont la seule formation en programmation s’arrête au site du zéro.

Du point de vue social, la modération est à l’image de la fiabilité technique précédemment évoqué. Essentiellement assuré par le développeur du jeu lui-même, celui-ci a manifestement succombé au « complexe de dieu » , usant de son pouvoir in-game pour imposer au joueur d’exprimer un discours qui se conforme uniquement en sa volonté propre. La violence des propos comme des actes du « maitre » des lieux n’y font régner qu’un climat délétère et totalitaire, donnant le triste sentiment à l’utilisateur de faire office de défouloir à la susceptibilité de ce dernier. Tout comme le développement logiciel, la modération de communauté on-line demande des qualités et un apprentissage qui font cruellement défaut a celui qui en a la charge.

Le fait qu’un site d’une telle prétention que Celestus, ne soit maintenue que par un seul homme à l’amateurisme alarmant, puise encore persister avec un peu plus de 500 joueurs, relève plus de l’ordre de l’anecdotique que de l’impressionnant.

Tout cela fait de Celestus une perle pourrie du web. Ce tel manque de conscience professionnel pourrait bien un jour coûter cher à la société Castel Lab qui exploite le site, car fessant fi de la sorte de tous ses devoirs envers ses clients. Celestus mériterait d’être pris en main par un équipe sérieuse et compétente, puissions-nous espérer voir un jour apparaître un fork de ce projet qui cette fois tiendra la route.

Pour conclure :
A essayer mais ne surtout pas adopter.
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