La boutique, ou la viabilité du modèle « Free-to-play »

Compte tenu de ce statut de leader revendiqué, l'expérience de Gala Networks Europe est sans doute représentative de la viabilité, voire de la santé, du MMORPG gratuit en Europe. « La gratuité est clairement un modèle économique viable pour le jeu en ligne ». Si aucun chiffre n'est avancé en la matière, il apparaît néanmoins que la vente de contenu (des objets virtuels utilisables en jeu, permettant d'accéder à des zones réservées ou de faciliter la dure vie du joueur) est susceptible de rentabiliser à la fois le développement d'un MMORPG et d'en assurer l'exploitation.

La boutique d'objets virtuels du portail gPotato est réputée être l'une des plus chères du secteur en Europe. Même si selon Julien Wera, « le contenu de la boutique européenne est sensiblement moins onéreux de son équivalent américain, au moins pour Rappelz (et même si le taux de conversion euros/dollars peut faire mentir cette affirmation) », les tarifs élevés sont manifestement un choix délibéré des équipes de Gala Networks Europe.

Le contenu des boutiques gPotato à travers le monde : les différents portails gPotato à travers le monde sont tous financés par des boutiques d'objets virtuels, dont le contenu est créé par les développeurs des MMORPG (le coréen nFlavor pour Rappelz, par exemple ou Aeonsoft pour Flyff: Fly for Fun).
Pour autant,le contenu développé est sélectionné en concertation avec les exploitants. Le contenu de la boutique européenne peut ainsi différer de celui des boutiques asiatiques ou américaines. De la même façon que les jeux sont localisés, les produits proposés à la vente dans les diverses boutiques font l'objet d'un choix éditorial des exploitants au regard des spécificités locales.

La boutique doit répondre à plusieurs impératifs, à la fois financiers et de gameplay. Principale source de rémunération des développeurs, les tarifs sont d'abord fixés en concertation avec la Corée.
Ensuite, les coûts pratiqués par Gala Networks Europe tendent également à respecter le gameplay du jeu : les objets, par exemple, susceptibles d'avoir un impact sur le jeu lui-même sont facturés plus chers pour éviter leur prolifération. C'est le cas, entre autres, de l'accès à « l'île d'Azria » de Flyff: Fly For Fun, une zone premium accessible pendant 30 jours aux seuls acquéreurs d'un « ticket d'entrée », permettant de progresser plus rapidement. La zone étant conçue pour un petit nombre de joueurs, la facturation élevée de son accès vise à préserver la rareté du lieu.

On peut néanmoins s'interroger sur cette pratique dans le cadre d'un titre « gratuit » et revendiqué comme tel. Selon Julien Wera, le recours à la boutique « doit être aussi peu discriminant que possible pour les joueurs ». C'est la raison pour laquelle Gala Networks Europe pourrait organiser des quêtes ou des animations ponctuelles au cours desquelles les joueurs pourraient gagner le fameux ticket d'entrée pour « l'île d'Azria ».
En outre, selon le responsable des relations presse de GNE, les joueurs de haut niveau n'ont généralement pas besoin de recourir à la boutique. Les objets recherchés peuvent être achetés avec la monnaie du jeu (sans dépenser de vrais euros), auprès d'autres joueurs (certains achètent des objets de la boutique en euros, en vue d'une revente dans la monnaie du jeu).

De l'aveu même de Julien Wera, le nombre de joueurs utilisant la boutique du portail gPotato est à ce jour « très réduit » et l'exploitant s'en contente manifestement. L'objectif premier de la boutique est de faciliter le labeur des joueurs et de permettre aux joueurs occasionnels de rester au niveau de ceux jouant plus assidûment. « Le contenu payant ne doit pas être obligatoire ».

Précédent
Modération et intervention des maîtres de jeu

Personne n'a encore réagi. Soyez le premier.

Que pensez-vous de Webzen West ?

0 aime, 0 pas.