Forum des droits sur l'Internet : « Jeux vidéo en ligne, quelle gouvernance ? »

Le Forum des Droit sur l'Internet (FDI) vient de rendre public sa recommandation sur le « Jeu vidéo en ligne : Quelle gouvernance ? ». Fruit d'une concertation multi-acteur, ce document de 80 pages s'adresse à tous les publics (les joueurs et leur proche, mais aussi les éditeurs et les pouvoirs publics). Il compile une cinquantaine de « bonnes pratiques » et se veut un outil d'information pour l'ensemble des acteurs intéressés par le jeu en ligne.
Cette recommandation peut être librement téléchargée sur le site du Forum.

Le jeu vidéo, notamment sur Internet, est en pleine expansion. Devant le cinéma et l'industrie du disque, le secteur du jeu vidéo se classe juste derrière le livre parmi les biens culturels les plus populaires. Trois millions de Français jouent en ligne et le MMORPG, notamment depuis le lancement de World of Warcraft et de ses 9,3 millions d'abonnés à travers le monde, devient un véritable sujet de société.
C'est notamment pour ces raisons que le Forum des Droits sur l'Internet (FDI) a consacré une étude transversale, à la fois économique, juridique ou encore sociologique, aux problématiques qui touchent l'usage des MMOG en France. Les travaux du FDI ont débuté durant l'été 2006 sur JeuxOnLine, dans le cadre d'une consultation des joueurs qui a nourri un colloque puis un premier dossier préliminaire. Fort de l'engouement pour ce thème et des (nombreuses) questions soulevées, le FDI a accueilli un groupe de travail dont les conclusions viennent d'être publiées.

En 80 pages, la recommandation « Jeux vidéo en ligne : quelle gouvernance ? » (intégralement disponible en libre téléchargement sur le site du FDI avec sa synthèse) soulève des questions multiples.
Si la moyenne d'age des joueurs de MMO est de 26 ans, que la majorité a un travail à plein temps et que le jeu en ligne est de plus en plus trans-générationnel, l'étude du Forum aborde les thématiques de protection des mineurs (20% des joueurs en ligne). Les MMO apparaissent de moins en moins comme un simple « produit de consommation » et de plus en plus comme des « univers de divertissement » dans lesquels les utilisateurs deviennent acteurs, créateurs et producteurs de contenus... et principale source de l'intérêt du jeu qui peut s'improviser comme une nouvelle « destination touristique » ou le support d'une forme de spectacle inédite (via le Machinima ou le sport électronique). L'étude s'est donc naturellement intéressée aux modes de régulation et de répartition des droits (entre joueurs et éditeurs) sur le contenu des jeux en ligne et sur leurs conséquences fiscales. Les MMO sont sociaux par définition, l'interaction est de mise entre les joueurs, les mondes virtuels empruntent certaines de leurs caractéristiques aux médias. Les problématiques liées aux libertés fondamentales (comme la liberté d'expression ou le respect de la vie privée) et leur sanction sont encore au rendez-vous dans cette recommandation.
Elle s'est aussi attachée à rester en phase avec les évolutions du secteur. La « publicité in-game » émerge et n'a fait à ce jour l'objet d'aucune analyse. Le FDI s'est saisi de la question avec la collaboration du Bureau de Vérification de la Publicité (BVP).

Autant de questions regroupées dans un document s'adressant à tous les publics. Il apparaît que le jeu vidéo (et plus particulièrement en ligne) souffre d'une certaine méconnaissance auprès du grand public. La première partie de la recommandation s'attache donc à le décrypter et l'expliquer avant de revenir sur une série de recommandations s'adressant aux éditeurs (notamment dans leurs relations avec les joueurs) aux pouvoirs publics (accordant subventions et crédit d'impôt pour soutenir le secteur) en passant par les joueurs et leurs proches.

Composition du groupe de travail « Jeu en ligne »
Comme pour l'ensemble des études menées par le FDI, le groupe de travail était composé d'une vingtaine d'acteurs de tous les secteurs. Les pouvoirs publics (Ministère de l’économie des finances et de l'industrie, Ministère de l'intérieur) y côtoyaient les éditeurs (Orange, Microsoft, Vivendi ou encore le SELL) ainsi que les associations de familles (l'UNAF ou Action Innocence par exemple, dédiée à la protection de l'enfance sur Internet) ou encore JeuxOnline, parmi les représentants des utilisateurs de MMO.
Pour autant, malgré la diversité, le groupe ne s'est pas heurté à des contestations fortes. Selon Laurent Baup, rapporteur de l'étude pour le Forum des Droits sur l'Internet, « les éditeurs ont joué le jeu et font montre d'une réelle responsabilité, notamment en matière de protection des publics sensibles ». Les « associations n'ont pas cherché à diaboliser le jeu vidéo » et la « recommandation est le fruit d'un consensus équilibré ».
En tant que membre du FDI, JeuxOnLine participait également aux débats, notamment pour partager sa connaissance du secteur du jeu en ligne, avec la volonté d'éviter toute caricature et sans nier les risques que peuvent parfois engendrer les jeux en ligne auprès de certains publics.

La recommandation « Jeux en ligne : Quelle gouvernance » peut être intégralement téléchargée au format *.pdf (80 pages, 973 Ko) sur le site du Forum des Droits sur l'Internet. Afin d'en faciliter la lecture, une synthèse de sept pages est également disponible en *.pdf (259 Ko), compilant les principales recommandations de l'étude.


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