Pouvoirs politiques et juridictions virtuels

En fin de semaine dernière, l'université du Wisconsin (à Milwaukee, aux Etats-Unis), accueillait une conférence intitulée "The Emergence of Governance in Global Cyberspace" (l'Emergence de la gouvernance dans le Cyberespace). De nombreuses et éminentes figures de l'étude des espaces virtuels (Richard Bartle, Edward Castronova, ou encore Greg Lastowka) y étaient présentes pour discuter des systèmes politiques apparaissant notamment dans les MMOG.

Suite aux débats, il apparaît pour la plupart des intervenants que la gestion des mondes virtuels s'apparente à la gestion politique de la réalité, faisant des espaces virtuels sociaux, des utopies politiques de la réalité.
Certains, comme James Grimmelmann (de l'Ecole de Droit de Yale), vont même plus loin et le blog Terra Nova s'en fait l'écho. Son article "Virtual Power Politics" (pouvant être téléchargé librement à la SSRN) débute ainsi :

Chaque décision prise par les concepteurs d'un monde virtuel est une décision politique. Chaque débat portant sur les règles de jeu et chaque modification du logiciel est politique. Quand les joueurs parlent de ces règles, ils traitent de politique.

On comprend aisément cette affirmation, dès lors que la "politique" est définie dans son sens premier de "gestion de la cité"... il suffit juste d'élever le monde virtuel à la notion de "cité", c'est-à-dire, un espace de vie sociale et organisée.
Et James Grimmelmann tire toutes les conséquences de son analyse en militant pour la reconnaissance d'une "loi virtuelle", que des juridictions indépendantes feraient respecter (au même titre qu'il existe déjà des organes d'arbitrages dans le sport, rendant "une" justice, indépendamment des tribunaux de droit commun)...

En attendant de voir de telles juridictions se saisir de litiges nés dans les univers virtuels, la liste des intervenants et un court résumé de leurs théories sont disponibles (en anglais) à cette adresse, sur le site de la conférence EGGC.

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