Zoom sur Lineage II Revolution, le « MMORPG mobile pour tous »

Après un lancement tonitruant en Corée fin 2016, Lineage II Revolution débarque en Occident sur plateformes mobiles iOS et Android. Le MMO mobile se veut à la fois riche et accessible au plus grand nombre. Que faut-il en penser ?

Zoom sur Lineage II Revolution, le « MMORPG mobile pour tous »

Si aujourd'hui NCsoft est l'un des leaders du jeu mobile en Corée du Sud (notamment grâce à Lineage M, qui se classe en tête des jeux les plus populaires à la fois sur l'AppStore et Google Play en Corée), le géant coréen a longtemps accusé un sévère retard sur le marché des jeux mobiles -- au point de susciter un conflit de direction en 2015, qui tournera à la guerre fratricide entre les géants asiatiques de l'industrie du jeu (façon Games of Throne) et conduira NCsoft à deux doigts de perdre son autonomie : Kim Taek-Jin, CEO historique de NCsoft accusé d'avoir raté le tournant du jeu mobile, était ouvertement contesté par le groupe japonais Nexon, alors principal actionnaire de NCsoft et qui entendait exploiter cette carence pour prendre le contrôle opérationnel du groupe coréen.
Alors que Kim Taek-Jin était acculé, NCsoft avait finalement réussi à garder son indépendance, notamment grâce à un partenariat noué avec Netmarble (alors leader du jeu mobile en Corée) : fort de son expertise du domaine, Netmarble développerait des jeux mobiles sur la base des licences de NCsoft, permettant ainsi au studio de mettre un pied sur le marché des jeux mobiles en attendant de concevoir ses propres titres. C'est ainsi qu'a été initié le projet Lineage II Revolution, sorti fin 2016 en Corée et qui sera lancé en Occident ce mercredi 15 novembre. Et force est de reconnaitre que le pari s'est révélé gagnant, puisque NCsoft et Netmarble dominent aujourd'hui outrageusement le marché coréen du jeu mobile.

À l'époque, Netmarble revendiquait déjà plusieurs succès commerciaux sur le marché des jeux mobiles, notamment grâce à Monster Taming, Seven Knights ou EvilBane: Rise of Ravens. Mais l'ensemble de ces titres sont des « RPG » et le partenariat avec NCsoft portait sur l'adaptation du « MMO » Lineage II.
À défaut d'expérience en matière de MMO mobile, Netmarble avait d'ores et déjà élaboré quelques recettes permettant le succès de ses titres : une qualité graphique impressionnante sur plateformes mobiles et des mécaniques de jeu accessibles aux joueurs occasionnels. À l'évidence, ce sont ces mêmes recettes qu'on retrouve dans Lineage II Revolution (du moins dans un premier temps) et que le développeur revendique : là où NCsoft conçoit aujourd'hui des MMO mobiles pour les joueurs investis (à commencer par Lineage Mobile qui revendique l'héritage du premier Lineage sur PC), Netmarble entend adapter les mêmes licences, mais pour le grand public.

Premiers pas

Et on s'en rend compte rapidement au lancement du jeu dont nous avons pu tester la version francophone.
Comme dans tout RPG ou MMO, le jeu débute par la création du personnage. Quatre races jouables sont disponibles, Humain, Elfe, Elfe noir ou Nain, et chacune a ses propres forces et faiblesses (les Humains sont polyvalents, les Elfes ont un bon niveau d'esquive et de points de mana, les Elfes noirs sont très offensifs et les Nains disposent d'un bon niveau de défense et de points de vie). Chacune des quatre races accède aux trois classes de bases, Guerrier, Bandit ou Mystique, mais dès le niveau 31, on pourra spécialiser son personnage (deux choix de spécialisations par classe) et elles diffèrent toutes d'une classe à l'autre.

Création de personnage
Création de personnage

Par exemple, le Mystique (le lanceur de sorts du MMO) dispose d'une première spécialisation offensive et d'une seconde en faisant une classe de soutien. Mais le Mystique humain se spécialisera dans les sorts offensifs de feu quand l'Elfe attaquera avec des sorts de glace, l'Elfe noire avec des sorts de magie ténébreuse et le nain, une magie de terre, ayant tous une portée ou une zone d'effet différente. Idem pour la spécialisation de soutien : les uns soigneront leurs alliés (elfe) ou handicaperont aussi leurs ennemis (humain), quand les autres octroient des buffs tantôt d'attaque (elfe noir), tantôt de défense (nain). La création de personnage s'envisage ici à long terme.
Et de toute évidence, la création de personnage est à l'image du jeu : très simple et accessible dans ses bases, plus riches et complexes pour peu qu'on s'y investisse un peu plus (et qu'on progresse en niveau).

Est-ce réellement moi qui joue ?

Car de prime abord, Lineage 2 Revolution est déroutant pour un joueur de MMO (habitué aux standards du jeu PC). Assez classiquement, le jeu débute par ce qui ressemble à un tutoriel en forme de démonstration : le système « auto » est enclenché et le jeu joue donc à notre place. Le personnage se déplace, attaque des envahisseurs orcs, discute avec des PNJ...

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Sauf qu'une fois cette phase d'introduction passée, le mode « auto » reste irrémédiablement activé : le personnage joue tout seul et enchaine les quêtes -- de quoi nous montrer des attaques contre divers monstres (et notre héros se débrouille plutôt bien avec ses compétences et potions), comment récolter quelques ressources, réparer ou améliorer son équipement... et où trouver la boutique afin d'acheter des parchemins augmentant nos capacités. On se contente d'accepter les quêtes et d'encaisser les récompenses (tout juste faudra-t-il être un peu vigilant ponctuellement, quand le personnage bute contre un rocher ou un monstre et qu'il faudra l'aider à le contourner), et l'opération se poursuit un long moment. Au niveau 7 ou 8, on sera finalement confronté à un boss intermédiaire, très impressionnant graphiquement. Et, oh surprise ! On reprend la main : on pianote frénétiquement sur les boutons d'attaque et de compétences, on esquive quelques attaques et le monstre s'effondre pour nous débloquer l'accès aux donjons journaliers, disponibles dans plusieurs niveaux de difficulté.
Dès lors, on a la possibilité de désactiver le mode « auto », même s'il se réactive ponctuellement pour jouer à la place du joueur. Et cette « assistance » est présente à tous les niveaux du jeu : un bouton peut aider le joueur à équiper automatiquement le meilleur équipement disponible dans l'inventaire (pour le joueur qui voudrait s'éviter le casse-tête de l'optimisation de son personnage -- même les joueurs tatillons pourront toujours scruter le détail des statistiques de l'équipement et équiper leur personnage comme ils l'entendent, selon leur style de jeu). Idem pour notre première confrontation au « PvP » : une arène permet d'organiser des duels... mais nos premiers adversaires sont des bots et le mode « auto » est activable -- fichtre, une vision bien particulière d'un affrontement « joueur contre joueur » ! Évidemment, à terme, on pourra aussi affronter de vrais joueurs et même utiliser nos compétences quand bon nous semble.

Une certaine richesse de gameplay : personnalisation, clans, sièges de forteresses et de châteaux

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Si les premiers pas dans le jeu étonnent, il ne s'agit pas (uniquement) de regarder l'IA jouer à notre place : le jeu repose sur les fondamentaux de Netmarble. Comme les premiers RPG du studio, Lineage II Revolution est très scénarisé et fait donc progresser le personnage au travers d'une histoire -- plus ou moins immersive, ponctuée de cinématiques qui exploitent parfaitement la qualité graphique du titre (au prix néanmoins d'une batterie qui fond à vue d'oeil dès qu'on lance le jeu), et permettant d'éviter le bashing vide de sens. Et ce mode « auto » permet surtout d'appréhender pas à pas les différentes facettes du jeu : l'amélioration de l'équipement (un objet peut être amélioré grâce à des packs d'artisanat obtenus au gré des quêtes, en fusionnant deux objets pour en produire un troisième, etc.), la progression des compétences actives et passives (à débloquer progressivement pour affiner les capacités de son personnage en fonction de son style de jeu), le système de runes, etc. Le jeu dévoile progressivement sa richesse et laisse augurer de nombreuses options de personnalisation différentes.

Les mécaniques de Lineage II Revolution s'inscrive dans la stratégie du studio Netmarble : le contenu automatique représente « une large part du gameplay » (dixit le studio), mais pour « plus d'efficacité » : les fonctionnalités de bases et tout ce qui touche à la progression individuelle du personnage (manifestement jugés rébarbatifs) peuvent être automatisés, mais les éléments de plus grande envergure et de groupe se contrôlent manuellement, à commencer par les sièges de forteresses et les sièges de châteaux -- étroitement liés aux clans, puisque ce sont les clans qui contrôlent ces places fortes et les clans adverses qui entendent les conquérir pour renforcer leur propre domination (et dès le niveau 11 ou 12, le joueur est incité à rejoindre un clan, voire à former le sien pour y accueillir d'autres joueurs).
Selon le développeur, cette approche permet de faire de Lineage II Revolution un « vrai MMORPG pour tous » : les joueurs occasionnels seront pris par la main dès les premiers pas, mais pour mieux les conduire progressivement vers un contenu plus exigeant : les sièges ont ainsi vocation à orchestrer des affrontements « 50 vs. 50 » (en bêta, le développeur se montrait prudent avec des batailles « 30 vs. 30 ») sur des serveurs dont on nous dit qu'ils peuvent accueillir jusqu'à 7000 joueurs.

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Reste à déterminer si cette assistance omniprésente au départ ne rebutera pas les joueurs expérimentés et a contrario, si le contenu de haut niveau un brin plus exigeant ne découragera pas les joueurs occasionnels initialement séduits. Mais manifestement, il n'en est rien puisque lors de son lancement coréen en décembre 2016, le jeu avait attiré cinq millions de joueurs préinscrits, pour une moyenne de deux millions de joueurs actifs quotidiens le premier mois d'exploitation ayant ainsi générant un chiffre d'affaires de 176 millions de dollars sur la période.
Si les chiffres se sont tassés depuis (notamment du fait de la concurrence de Lineage M, signé par NCsoft), la recette est jugée suffisamment pertinente par Netmarble pour la reproduire : le studio annonçait récemment le développement de Blade & Soul Revolution, une nouvelle adaptation d'une licence NCsoft (Blade and Soul, donc, le MMO d'arts martiaux) à la sauce Netmarble. Et on imagine que le titre s'y prête puisque la version PC misait déjà sur des graphismes plutôt fins à sa sortie et sur une trame narrative très présente pour guider les joueurs dans les méandres d'une histoire qui se poursuit toujours.

Lineage II Revolution est disponible en Corée du Sud depuis le 14 décembre 2016 et après un pré-lancement anglophone, fait l'objet d'un vrai lancement international ce 15 novembre 2017. Le jeu est ainsi distribué en free-to-play sur l'AppStore et GooglePlay, en version localisée notamment en français.

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