Kingdoms and Castles, ou quand le financement participatif rapporte

Parallèlement au financement participatif, l'investissement participatif fait des émules et la plateforme Fig se félicite du succès commercial de Kingdoms and Castles, qui assure aujourd'hui un retour sur investissement de 100% aux joueurs qui l'on financé.

Pour le meilleur ou pour le pire, le financement participatif est incontestablement entré dans les moeurs vidéo ludiques et bon nombre de développeurs (indépendants) y ont recours pour financer leurs projets. Mais alors que le succès des campagnes de financement sur Kickstarter n'est plus aujourd'hui aussi aisé qu'il y a quelques années, la plateforme Fig se fait l'écho du premier succès significatif de son modèle.
On le sait, les plateformes traditionnelles de levées de fonds (comme KickStarter) en appellent à la générosité des joueurs, qui contribuent financièrement au développement d'un jeu contre quelques récompenses et surtout dans l'espoir de permettre la concrétisation d'un projet qui n'a pas toujours su séduire les investisseurs traditionnels. De son côté, la plateforme Fig reprend ce même modèle de contributions financières, mais y ajoute une possibilité d'investissements -- un joueur lambda peut décider « d'investir », c'est-à-dire non pas pour obtenir une récompense en cas de succès de la campagne, mais dans l'espoir d'un retour sur investissement si le jeu est un succès commercial.

Kingdoms and Castles, ou quand le financement participatif rapporte

Fin 2016, le studio Lion Shield levait ainsi un peu plus de 108 000$ sur Fig (dont 83 000$ d'investissements), quand le studio espérait obtenir 15 000$, pour financer le développement de Kingdoms and Castles, un city builder plongeant le joueur dans un monde évolutif et généré de façon procédurale.
Le 20 juillet dernier, le studio lançait son jeu sur Steam et environ trois semaines plus tard, le studio bénéficie d'évaluations très positives sur la plateforme de Valve, revendique un chiffre d'affaires d'un million de dollars et entend exploiter son jeu au moins trois ans. On ignore le bénéfice précis réalisé par Lion Shield, mais fort du succès commercial de Kingdoms and Castles, les investisseurs doubleront leur mise : le retour sur investissement est de 100% en six mois. Bien des investisseurs traditionnels s'en contenteraient.

Évidemment, un cas unique et isolé (d'un jeu peu couteux à réaliser et connaissant un vrai succès populaire auprès des joueurs) est loin de faire une généralité reproductible, mais Fig y voit néanmoins une validation économique de son modèle. D'après Justin Bailey, fondateur de Fig, l'exemple de Kingdoms and Castles « prouve que l'édition communautaire est un moyen efficace et viable de lancer un jeu vidéo », et selon lui, « en partageant le succès commercial d'un projet avec ses contributeurs, l'édition communautaire opère la bascule entre le fait de simplement financer des jeux et celui d'en garantir le développement mais aussi la viabilité économique » (puisque développeur et joueurs partagent les mêmes intérêts économiques). Si l'investissement participatif est encore balbutiant, on imagine que si des cas semblables devaient se réitérer régulièrement, l'écosystème participatif pourrait évoluer significativement à l'avenir, et encourager les joueurs à exiger plus régulièrement une (juste ?) rétribution pour leurs contributions.


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