Les doubleurs de jeux en grève aux États-Unis

L'industrie du jeu est une industrie culturelle ayant de plus en plus de poids et ceux qui contribuent à sa croissance en revendiquent leur part. À défaut, les comédiens qui doublent et interprètent les jeux se mettent en grève aux États-Unis.

Si les chiffres font régulièrement l'objet d'âpres discussions, l'industrie du jeu se veut aujourd'hui l'une des premières industries culturelles au monde, mais certaines petites mains (ou en l'occurrence, certaines voix) du secteur s'estiment lésées. C'est peu ou prou ce que met en lumière, outre-Atlantique, le syndicat des acteurs qui se sont spécialisés dans le doublage de jeux vidéo et qui lance un mouvement de grève à compter d'aujourd'hui, ciblant les studios mettant à mal leurs conditions de travail (parmi lesquels Activision, Blindlight, Disney Character Voices, Electronic Arts, Insomniac Games, Take 2, ou encore WB Games, entre autres).

Les doubleurs de jeux en grève aux États-Unis

Selon le SAG-AFTRA, qui défend donc les intérêts des doubleurs et acteurs de jeux (qui prêtent leur voix aux jeux vidéo mais interviennent aussi dans les phases de motion capture), les conventions régissant leurs contrats remontent à 1994 et évidemment, l'industrie du jeu a drastiquement évolué au cours des 20 dernières années et le syndicat affiche ses revendications.
Plus concrètement, le SAG-AFTRA reproche notamment aux studios le manque de considération à l'égard des professionnels du doublage (lorsqu'ils craignent pour leur voix -- leur outil de travail --, on leur propose de mettre du thé à disposition à défaut d'un suivi médical), mais aussi un manque de transparence nuisant à l'approche artistique des activités de doublage (les comédiens ne sont pas préalablement informés des rôles qu'ils pourraient être amenés à interpréter, leur interdisant donc de procéder à des choix artistiques éclairés), en plus d'un manque de reconnaissance financière (les doubleurs réclament un intéressement au regard des ventes par tranche de deux millions d'exemplaires vendus ou d'abonnés aux jeux en ligne).
Pour étayer ses revendications, le SAG-AFTRA souligne qu'aujourd'hui, certains projets vidéo ludiques profitent de budgets supérieurs à ceux de certains blockbusters de cinéma, alors même que les conditions de travail d'un même comédien d'un secteur à l'autre diffèrent drastiquement. L'industrie du jeu et le SAG-AFTRA sont en négociation depuis 18 mois, et le syndicat se dit aujourd'hui dans une impasse lui imposant de lancer un mouvement de grève. On en ignore encore les effets concrets, mais les observateurs du secteur envisagent des retards dans le planning de production des studios ciblés par la grève. Au-delà de la démarche sociale et syndicale, le mouvement permet aussi de prendre la mesure des évolutions et des enjeux de l'industrie du jeu.

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