Test de Gal*Gun: Double Peace (PS4/Vita)

L'adolescence et son bouillonnement hormonal peuvent-ils composer un sujet vidéo ludique ? Gal*Gun: Double Peace répond positivement, avec sa dimension cathartique et une bonne dose de second degré. Test.

On cherche souvent à nous faire croire au vieil adage "Dis-moi à quoi tu joues, je te dirai qui tu es". Autant vous dire que pour les joueurs de Gal*Gun ou de sa suite Gal*Gun: Double Peace dont il sera question ici, le joueur doit avoir un côté pervers clairement assumé pour ne serait-ce qu'évoquer ce jeu en public. Aucun jugement de valeur de notre part, au contraire, on a apprécié l'ensemble de l'expérience, mais l'ensemble est peut-être parfois un peu trop limite pour le politiquement correct en vigueur en Occident.

A vrai dire, c'est même surprenant que le jeu ait été localisé, tout bien considéré, au regard du climat extrêmement tendu autour de l'utilisation faites des personnages de certains jeux.

Un Cupidon malhabile

En préambule, et si vous voulez vous faire une idée par vous-même, nous vous invitons à regarder notre émission 60 minutes chrono dédiée au jeu, qui vous présentera les premières minutes du jeu et les différents éléments de gameplay.

De quoi parle le jeu ? Vous incarnez Houdai, un étudiant qui, comme bien d'autres, aimerait bien tomber amoureux mais n'arrive pas à trouver chaussure à son pied. Ses ennuis commencent quand une ange novice, Ekoro, le fusille accidentellement avec une surdose de phéromones : le pauvre Houdai est dès lors entouré d'une aura qui fait que toutes les demoiselles qu'il croise sont irrémédiablement attirées vers lui et viennent lui déclarer leur flamme. Certains diront "Jusque là, je ne vois pas d'inconvénient à sa situation..." Sauf qu'il n'a qu'une journée pour trouver l'amour de sa vie, sans quoi il se retrouvera condamné à vie au célibat et à la solitude, puisqu'il n'aura plus aucun ami.

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Pour se frayer un chemin vers son âme soeur, il devra repousser ses autres prétendantes à l'aide de tirs de phéromones concentrées sous forme de balles : après un certain nombre de balles ou un tir précis sur leurs zones sensibles (au choix tête, poitrine, bas-ventre ou jambes), elles tomberont en pâmoison devant notre héros et le laisseront poursuivre sa route. Pour être plus précis dans vos tirs, on vous offre la possibilité de zoomer, mais ce zoom a pour particularité, pour on ne sait trop quelle raison, de vous permettre de voir au travers des vêtements de votre cible ! Ca n'apporte rien, ça n'améliore pas votre scoring, c'est juste là pour le plaisir des yeux, enfin, si tant est que ça vous en donne.

Vous pourrez donc voir défiler des dizaines et des dizaines de dessous, et force est d'avouer que le développeur y a apporté un soin tout particulier : il est difficile de trouver deux ensembles qui soient identiques ! Mais honnêtement, cette fonctionnalité tient du détail : dans le coeur de l'action, et même au niveau de difficulté le plus bas, l'action est généralement trop rapide pour que vous ayez le temps de vous attarder sur les goûts de l'une ou l'autre de votre pauvre victime.

Un jeu solide sous des abords légers

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D'un point de vue gameplay pur et dur, Gal*Gun Double Peace est un jeu de tir sur rail solide, à l'ancienne, auquel ne manque qu'un pistolet ou un accessoire à manier devant votre écran. Les mécanismes de base sont simples et faciles à comprendre : vous êtes un débutant total et vous comptez (sans mauvais jeu de mot) tirer sur tout ce qui bouge ? C'est possible. Vous êtes plutôt un chasseur du plus gros score ? Vous pourrez vous régaler à jouer encore et encore chaque chapitre pour améliorer votre résultat. Mais le jeu vous propose aussi des fonctionnalités supplémentaires qui viennent rendre l'expérience un peu plus complexe si vous cherchez à vraiment vous investir dans le jeu, comme par exemple des demoiselles rongées de l'intérieur par les sentiments qu'elles éprouvent pour vous ou d'autres qui sont habitées par un petit démon (oui, rappelez-vous, vous êtes là à cause d'une ange, alors il y a forcément des démons impliqués dans l'histoire...). A vous de voir si vous continuez à spammer la gâchette ou si vous jouez le jeu et visez les cibles prioritaires, mais le jeu ne vous en tiendra pas rigueur, à moins que vous ne cherchiez à avoir une fin bien précise. 

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Car oui, Gal*Gun n'est pas qu'un jeu de tir. Entre les phases de tir s'intercalent des scènes de dialogues présentées comme le serait un visual novel et qui vous permettent de courtiser l'une ou l'autre des protagonistes féminines du jeu dans votre quête du grand amour. En fonction de vos choix et de vos actions ou résultats, vous atteindrez l'une des nombreuses fins du jeu. Pas de panique, cependant : une partie se termine en environ 2 à 3 heures, ce qui vous laisse donc très facilement la possibilité d'en relancer une nouvelle pour explorer d'autres voies et potentiellement finir avec une autre demoiselle. Débloquer l'ensemble des fins nous a pris en gros une quinzaine d'heures, ce qui est somme toute honorable, et nous ne nous sommes pas ennuyés.

Les environnements sont variés, les routes ne sont pas répétitives et il se dégage un fort relent d'animé comique de ce jeu : on se retrouve dans des situations parfois dignes de Ranma 1/2 ou de Nicky Larson, avec un personnage qui essaye de se faufiler dans les recoins les plus improbables pour, à l'inverse de ses illustres aînés, échapper à la gente féminine. On notera que les demoiselles, qui sont, après tout, les personnages sans lesquels ce jeu n'existerait pas sont plutôt bien dessinées et proposent des apparences assez variées et ne sont pas, la plupart du temps, et à moins qu'on utilise le fameux zoom, plus indécentes que l'une de vos anciennes camarades de classe.

Quand trop, c'est trop ?

S'il fallait trouver de réels points faibles au jeu, on pointerait du doigt la bande-son qui est totalement transparente et insipide, de la musique aux effets spéciaux, ou encore le fait que si d'un côté on apprécie que les voix des personnages soient uniquement en japonais (ah, oui, la petite remarque pour JOL : le jeu est disponible en japonais ou en japonais sous-titré en anglais), on passe peut-être à côté de certains éléments comiques ou peut-être d'informations importantes en jeu quand les demoiselles qui cherchent à vous alpaguer vous interpellent et que leur intervention n'est pas sous-titrée en anglais.

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Le gros point qui fera inévitablement débat autour de Gal*Gun est l'aspect hyper sexualisé et il faut bien l'avouer parfois clairement dérangeant de certaines des phases de gameplay. Le mode Doki Doki en est la parfaite illustration : à mesure que vous extasiez les demoiselles, vous remplissez une jauge située en haut à gauche de votre écran, qui vous permet, si jamais vous êtes dépassés par les événements, d'entrer en mode Doki Doki et d'isoler jusqu'à trois demoiselles... "Les isoler, mais pourquoi ?" vous demandez-vous ? Tout simplement pour les faire exploser de l'intérieur et faire en sorte que leur plaisir suffise à calmer les autres demoiselles dans leurs abords proches. Ce mode vous invite à amener les demoiselles capturées, offertes dans des positions parfois plus que lascives, au summum de l'extase en caressant littéralement, avec votre curseur ou vos doigts sur le touchpad de la DS4 ou le touchscreen de la Vita, leurs zones sensibles pour faire monter leur plaisir. Bien évidemment, tout a été prévu pour rendre l'expérience des plus stimulantes pour le joueur, avec la possibilité de changer les angles de caméra en fonction de votre performance, et autant vous dire que la plupart sont des plus suggestifs... Même les développeurs ne sont pas dupes, puisqu'ils ont même offert au joueur un bouton qui permet de passer à un mode de jeu complètement innocent si d'aventure la mère du joueur le surprenait ou si un voisin se montrait un peu trop curieux dans le métro.

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Dans un esprit occidental, aussi ouvert soit-il, ces scènes devraient normalement quand même entraîner des questions. Ces situations sont quand même délicates : vous arrivez à vous imaginer faire ces choses, dans une cour d'école, avec des parfaites inconnues ? Non, on ne vous le souhaite pas, en tout cas. Bien sûr, c'est un jeu, mais on est en droit de se poser la question du potentiel impact que la mise à disposition de ce type de jeu sur nos marchés pourrait avoir, avec une potentielle banalisation de faits très graves.

PQube a fait un pari audacieux en localisant ce jeu, et la société anglaise a très ostensiblement fait de son mieux pour garder le jeu dans un contexte aussi japonais que possible, notamment au niveau de sa traduction. Était-ce intentionnel ou non ? Nous avons plusieurs fois relevé des blagues qui tombaient un peu à plat, bizarrement, souvent quand les dialogues se faisaient un peu plus sulfureux, comme pour éviter d'en remettre une couche.

Crache tes phéromones, Myrhdin

C'est un choix risqué pour une société européenne que de décider de relancer une licence comme celle-ci en Europe, un marché sur lequel la presse généraliste se régalera d'un jeu aussi sexué et simpliste, et dont la communauté risque de réserver un accueil plus que mitigé à ce nouveau titre. Mais au final, il nous appartient à tous de faire la part des choses et de faire de notre mieux pour éduquer les masses et éviter que tout jeu sortant des sentiers battus de manière un tant soit peu humoristique et sexuée ne dérive en simple guerre des genres. Là où l'Europe et les États-Unis développent des jeux ultra-violents, le Japon arrive encore à produire des jeux originaux et qui sortent un peu de l'ordinaire. Bon, soit, Gal*Gun lui-même fait figure d'énormité à nos yeux à ce niveau, mais bon sang, au final, on verra tous (on peut le souhaiter) des dessous de près ou de loin dans notre vie, et on peut espérer que le bon sens, le savoir-vivre et les bonnes manières arrivent à faire en sorte que personne n'arrive jamais à envisager ce jeu comme un simulateur d'interaction avec la gente féminine au 21ème siècle...

Ce serait dommage, car dans l'absolu, cette nouvelle mouture de Gal*Gun est extrêmement plaisante et divertissante, même si on est un joueur des plus normaux, sans pulsions sexuelles étranges ou sans propension au voyeurisme. Il offre des éléments très solides, qui compensent plus que largement ses quelques points faibles.

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