KickStarter se lance en France le 27 mai

KickStarter se lance officiellement en France afin de mieux accueillir les projets créatifs hexagonaux. Mais pour quels effets à long terme sur l'écosystème du financement participatif local ?

KickStarter se lance en France le 27 mai

Le financement participatif n'est pas un phénomène neuf (qu'on l'appelle souscription ou mécénat) et il existe déjà plusieurs plateformes dédiées dans l'Hexagone, à commencer par Ulule ou encore KissKissBankBank et MyMajorCompany pour la musique. Pour autant, Kickstarter s'impose aujourd'hui incontestablement comme l'un des poids lourds du secteur avec ses 8,5 millions d'inscrits et un volume de financement d'un milliard et demi à ce jour, au point d'avoir drastiquement fait évoluer les modèles économiques, notamment de l'industrie du jeu vidéo -- pour le meilleur et pour le pire puisque la plateforme a permis l'émergence de jeux qui n'auraient sans doute jamais été financés sans son soutien, mais attise aussi l'appétit d'acteurs qui pourraient indéniablement s'en passer.
Officiellement lancée en 2009 outre-Atlantique, KickStarter s'exporte progressivement à travers le monde afin notamment d'étendre sa compatibilité avec les systèmes bancaires locaux. Il faut en effet à ce jour que les projets proposés sur la plateforme soient portés par au moins un ressortissant d'un pays où la plateforme est officiellement implantée et pour des levées de fonds libellées dans la monnaie locale.
Au gré des localisations, outre les États-Unis, la plateforme est ainsi d'ores et déjà disponible au Royaume-Uni, en Allemagne, au Canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande, puis était lancée dans le nord de l'Europe fin 2014 et s'annonce aujourd'hui en France.

À compter du 27 mai prochain, les ressortissants français pourront donc de leur propre chef initier leurs projets sur KickStarter en français et compter sur la générosité des internautes en euros. D'ores et déjà, les premiers projets peuvent être « présentés » sur la plateforme francophone en attendant l'ouverture effective des collectes de dons dans quelques jours.

D'ici là, la plateforme entend se présenter localement même si les internautes français la connaissent déjà bien. On estime en effet qu'en France, déjà un million de contributeurs ont participé à une campagne de financement participatif. On sera dès lors curieux de découvrir les premiers « projets créatifs » francophones qui tenteront de se financer sur KickStarter -- même si l'initiative est un tantinet moins porteuse aujourd'hui qu'il y a seulement quelques mois, du moins dans l'industrie du jeu.
Certes, le chiffre d'affaires global du financement participatif progresse, mais on constate aussi que de moins en moins de projets sont financés (les joueurs sont plus méfiants) et que de plus en plus d'acteurs indépendants (la cible de prédilection de ce type de levées de fonds) ont aujourd'hui volontiers recours à la vente d'accès anticipés qu'on dit moins risquée -- car on sait que KickStarter ne filtre pas ses campagnes (à l'inverse d'Ulule qui accompagne davantage les candidats au financement participatif) et que les effets d'un échec peuvent être dévastateurs en termes d'image pour projet.
Si l'arrivée de KickStarter en France pourrait dynamiser la scène créative hexagonale, on examinera néanmoins avec intérêt, à la fois l'attractivité et le taux de succès, des projets locaux qui y seront lancés.


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