La Chine en passe d'ouvrir son marché du jeu en ligne

Pour protéger son économie et contrôler les échanges en ligne, la Chine impose des validations drastiques aux exploitants de jeux en ligne. Mais envisage aujourd'hui d'ouvrir plus largement son marché du jeu en ligne. Petite révolution culturelle et politique.

La Chine en passe d'ouvrir son marché du jeu en ligne

On le sait, la Chine est aujourd'hui le plus gros marchés mondial du jeu en ligne (la moitié du chiffre d'affaires mondial du secteur serait réalisé sur le territoire chinois), mais aussi un marché très fermé car protégé par un protectionnisme drastique. Non seulement seuls les groupes de droit chinois peuvent y exploiter des jeux (obligeant donc les occidentaux à nouer des partenariats auprès de prestataires locaux) mais tous les titres destinés au marché chinois doivent être préalablement validés par le ministère de la culture local et la GAPP (l'administration en charge du contrôle des publications, notamment en ligne, en Chine) avant d'y être exploités.
Un double contrôle des jeux susceptibles de « pervertir la jeunesse chinoise » et permettant aux autorités de s'assurer que les exploitants de jeux contrôlent aussi les échanges entre joueurs (tels qu'ils existent plus globalement sur le web chinois). Mais aussi une double contrainte juridique et politique qui complique évidemment les exportations et conduit parfois à des situations rocambolesques. On se souvient par exemple du blocage de World of Warcraft pendant presque un an, officiellement à cause des représentations trop décharnées de ses morts-vivants (et ce malgré le poids économique du MMO et l'investissement de Blizzard - pourtant l'un des premiers acteurs occidentaux à prendre la mesure du marché asiatique).

Mais à en croire le People's Daily rapporté aujourd'hui par Kotaku, l'accès au marché chinois pourrait s'ouvrir prochainement. Avec l'explosion du marché du jeu en ligne sur plateformes mobiles (et ses cohortes de petits jeux lancés quotidiennement), l'administration chinoise peine manifestement à tenir le rythme des sorties. En conséquence, les autorités locales réfléchissent à produire un code de conduites « plus transparents » permettant de « responsabiliser les acteurs du secteur ». Une approche plus simple et plus ouverte (et c'est sans doute notable dans le contexte de l'administration chinoise) devant contribuer à l'accélération des validations de jeux.
Si la mesure se confirme, on en comprend les conséquences : des jeux occidentaux plus facilement accessibles aux joueurs chinois (on se réjouit pour eux), mais surtout un marché colossal qui s'ouvre aux acteurs occidentaux avec les répercussions économiques qu'on imagine et des relations simplifiées entre les principaux acteurs d'Orient et d'Occident. De nouvelles perspectives à l'échelle titanesque de la Chine, donc, mais aussi une petite révolution culturelle et politique, portée discrètement par l'industrie du jeu.


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