Bobby Kotick, parmi les patrons américains les mieux payés en 2012

En 2012, Bobby Kotick (à la tête d'Activision Blizzard) a touché une rémunération exceptionnelle de 64,9 millions de dollars. Un chiffre a corréler avec les (bons) résultats du groupe, mais qui interroge même aux États-Unis sur l'opacité des méthodes de calculs.

Bobby Kotick, parmi les patrons américains les mieux payés en 2012

C'est une évidence, si le jeu vidéo est un loisir, voire pour certains une forme d'art, il est aussi une industrie avec ses enjeux économiques et figures emblématiques. Bobby Kotick, PDG d'Activision Blizzard, est l'un d'eux et se classe « parmi les dirigeants d'entreprises les mieux payés aux Etats-Unis en 2012 ». Au point de faire grincer quelques dents.

Au regard des documents d'Activision Blizzard remis à la Securities and Exchange Commission américaine (en charge du contrôle des marchés financiers aux Etats-Unis), pour l'année 2012, Bobby Kotick aurait ainsi touché l'équivalent de 64,9 millions de dollars de rémunération : 2,01 millions de dollars de salaires, 2,5 millions de bonus et 4,52 millions au titre de l'intéressement aux résultats du groupe. Et s'y ajoute l'équivalent de 55,9 millions de dollars en actions qu'il touchera au cours des cinq prochaines années mais à la valeur (record) du cours de l'action en 2012.
Une rémunération poids lourd, donc, au regard de celles des autres membres du groupe Activision Blizzard. A titre de comparaison, le directeur financier Dennis Durkin aurait perçu 13,4 millions de dollars et Mike Morhaime (le président et CEO de Blizzard Entertainment, qui génère entre un quart et la moitié du chiffre d'affaires d'Activision Blizzard) s'est « contenté » de neuf millions de dollars de rémunération l'année dernière (contre 16,55 millions en 2010 à défaut d'avoir su valoriser les licences fortes du studio - plus concrètement, à cause de la perte des deux millions d'abonnés à World of Warcraft entre 2010 et 2012 et malgré les ventes records de Diablo III l'année dernière).

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Les chiffres apparaissent évidemment colossaux, mais Activision Blizzard reste le premier éditeur mondial de jeux vidéo et affichait en 2012 un chiffre d'affaires record de 4,86 milliards de dollars pour un résultat net de 1,15 milliards et alors que le groupe est valorisé en bourse à plus de 16,5 milliards de dollars. Ce sont ces résultats records et ces « objectifs atteints » qui ont permis à Bobby Kotick de renégocier sa rémunération actuelle en mars de l'année dernière, approuvée par les actionnaires du groupe au premier rang desquels Vivendi SA, la maison-mère (française) d'Universal Music ou Canal Plus.
Pour autant, si la rémunération du patron s'appuie sur les résultats de la société, elle interroge néanmoins, même aux Etats-Unis où l'on est généralement plutôt prompt à valoriser la réussite financière. Selon Nell Minow, militante de longue date pour une gouvernance éthique des entreprises et dont les propos sont rapportés par Bloomberg, indique « ne pas apprécier ce type de montages en termes de rémunération » et « s'inquiéter de longue date les pratiques [d'Activision Blizzard] en la matière » : les montants sont, dit-elle, disproportionnés au regard des pratiques habituelles de l'industrie du jeu vidéo et des nouvelles technologies (et de mentionner, à titre de comparaison, le PDG américain d'Oracle, Larry Ellison, ayant touché 96 millions de dollars l'année dernière mais alors que sa société est valorisée à 152 milliards), et la façon dont les rémunérations sont déterminées au sein du groupe est jugée « opaque » (« le manque de transparence au sein du comité des rémunérations est de facto un point noir, il est très difficile d'apprécier comment sont déterminées les distributions gratuites d'actions avec le peu d'informations fournies » ou l'adéquation avec les résultats effectifs du groupe). On retiendra quoiqu'il en soit que ce n'est manifestement pas la crise pour tout le monde.

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