Les coulisses de la fermeture de Paragon Studios et City of Heroes

En novembre dernier, NCsoft fermait Paragon Studios et City of Heroes. Aujourd'hui, Matt Miller en décrit les coulisses : les équipes de Paragon ont essayé de racheter leur studio à NCsoft, en vain.

Les coulisses de la fermeture de Paragon Studios et City of Heroes

On s'en souvient, le 30 novembre dernier, City of Heroes fermait définitivement ses portes après neuf ans d'exploitation et dans la foulée, le développeur Paragon Studios (appartenant à NCsoft) mettait la clef sous la porte. Une décision brutale et mal acceptée par les joueurs qui se mobilisaient alors pour sauver le jeu, d'autant que l'équipe de développement assurait que le MMO de super héros dégageait des bénéfices depuis son changement de modèle économique, en free-to-play.

Aujourd'hui, Matt Miller partage sa vision (de l'intérieur) de cette double disparition, alors que Gamasutra consacre un long article au sujet. Il en ressort notamment qu'à l'époque, Brian Clayton (directeur général de feu Paragon), Destin Bales (directeur en charge du développement de produit) et Ross Borden (directeur marketing) ont tenté de racheter Paragon Studios à NCsoft afin de sauver City of Heroes et de l'exploiter de façon indépendante. Et « jusqu'à la dernière minute », tous ont cru pouvoir arriver à un accord avant que le projet ne capote.

Matt Miller : « Ces gars... adoraient vraiment ce que le studio avait réalisé et ils étaient vraiment convaincus que le jeu en avait encore dans les jambes. Ils ont activement recherché un autre éditeur pour acheter Paragon Studios à NCsoft. Et puis finalement les négociations ont été interrompues. Les acheteurs n'étaient pas en mesure d'acheter et NCsoft n'était pas prêt à vendre. Donc, plan B, qui, comme je l'ai toujours pensé depuis le début, consistait à racheter le studio.
Les choses semblaient aller dans le bon sens et bien se dérouler et puis les choses ont commencé à ne plus aller dans le bon sens. Je ne suis pas totalement sûr de savoir quels ont été les points d'achoppement, mais dans les affaires, il y a toujours un point en deçà duquel vous refusez d'aller et qui empêche d'arriver à un accord. Il y avait un point ou deux sur lesquels il était apparemment impossible de transiger de part et d'autre.
La nuit avant qu'on nous informe tous de la fermeture, Brian, Ross et Destin travaillaient encore sur la négociation. Il aurait pu y avoir une signature dans le bon sens. Malheureusement, la pièce est retombée du mauvais côté. »

On ignore donc quels étaient les points d'achoppement, mais Matt Miller précise que les équipes de Paragon Studios souhaitaient reprendre City of Heroes, mais aussi les deux licences sur lesquelles le studio travaillait - et dont Matt Miller ne peut pas parler, la faute aux clauses de confidentialité auxquelles il est soumis et parce que ces mystérieuses licences appartiennent toujours aujourd'hui à NCsoft (dans le lot, les rumeurs évoquaient de longue date un City of Heroes 2). Et de préciser que les équipes de feu Paragon envisageaient déjà une campagne de financement participatif (sur Kickstarter) pour concrétiser ces projets secret, une fois leur indépendance acquise (Matt Miller d'ailleurs avoir reçu de très nombreuses suggestions de la part des joueurs visant à sauver le studio et le MMO, précisant aujourd'hui qu'elles avaient toutes été envisagées par le développeur).
Des projets qui, quoiqu'il en soit, ne se concrétiseront pas. Les développeurs de Paragon avaient certes envisagé de créer un nouveau studio de toute pièce et d'initier de nouveaux projets de zéro, mais ont rapidement été « rattrapés par les réalités économiques ». Dans la foulée de leur licenciement, tous les salariés à plein temps du studio « ont touché 60 jours de paie ». Des conditions jugées avantageuses aux États-Unis, mais insuffisante pour initier la création d'une nouvelle structure. Tous ou presque ont consacré ces soixante jours à trouver un nouvel emploi, ailleurs.


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