Les joueurs refusent de financer Victory

D'aucuns considèrent le financement participatif comme un nouveau modèle économique à part entière. Pas toujours et pas pour tous les projets. Petroglyph ne parvient pas à financer Victory (et de loin), mais affirme avoir appris de l'expérience.

Les modes de financement alternatifs, notamment auprès des joueurs via des plateformes comme Kickstarter notamment, se démocratisent et connaissent manifestement un certain engouement. Et de plus en plus de projets sont ainsi concrétisés grâce aux internautes : des jeux évidemment (les principaux solliciteurs de fonds), mais aussi parfois des symphonies comme à l'initiative de Jeremy Soul, le compositeur des musiques de Neverwinter Nights, de la série des Guild Wars ou de plusieurs épisodes des Elder Scrolls qui réclame le soutien financier des joueurs pour poursuivre son travail, ou encore de films comme le projet d'adaptation de la série Veronica Mars qui suscite un fort engouement depuis quelques jours. Mieux, la presse spécialisée fait souvent ses choux gras des montants pharaoniques collectés par les projets les plus populaires (passant de plus en plus régulièrement le cap du million de dollars, atteignant jusqu'à plus de huit millions pour Star Citizens, par exemple).

Loin d'être l'Eldorado qu'on imagine parfois, le financement participatif n'atteint pas toujours son but et tous les projets en quête de financement ne rencontrent évidemment pas tous forcément leur public (leurs investisseurs), parfois malgré quelques noms prestigieux ou des porteurs de projets d'expérience.
Aujourd'hui, c'est Petroglyph Games qui échoue à convaincre les joueurs. Le studio qui s'est fait connaître en signant Command & Conquer ou Dune II, et qu'on a retrouvé plus récemment comme maître d'oeuvre malheureux de Mytheon (abandonné en cours de route) ou d'End of Nations (dont le développement est officiellement repris par Trion Worlds), n'a collecté que 29 000 dollars sur les 700 000 qu'il espérait lever pour concrétiser le développement de Victory, son de jeu de stratégie multijoueur.

On comprend le scepticisme des financeurs puisque Petroglyph annonçait récemment une vague de licenciements et qu'on s'interroge encore sur la pérennité du studio.
Pour autant, le développeur affirme voir une conclusion positive dans cet échec : la campagne KickStarter a été l'occasion de présenter le projet Victory aux joueurs, qui se sont attachés à expliquer les raisons de leur désintérêt pour le jeu. Autant de commentaires dont Petroglyph entend prendre en considération pour améliorer son projet avant de le présenter... à des investisseurs plus traditionnels. On retrouve là l'expérience de Gas Powered Games, confronté à la même mésaventure avec son projet Wildman que les joueurs avaient refusé de financer. Chris Taylor redoutait alors la fermeture de son studio, avant qu'il ne soit finalement racheté par Wargaming (le développeur de World of Tanks) et qu'il profite ainsi d'un second souffle. À défaut de financement auprès des joueurs, les campagnes participatives ont au moins le mérite de révéler des projets, voire de leur offrir (parfois) la publicité nécessaire à un redressement.

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