Quand Richard Garriott célèbre la fin du monde

Richard Garriott a une imagination fertile, qui trouve à s'exprimer dans ses jeux, mais aussi dans les fêtes qu'il organise chaque année. Cette année, pour la fin du monde, il voyait les choses en grand.

Quand Richard Garriott célèbre la fin du monde

Insolite. On le sait, Richard Garriott est un esprit fantasque s'appuyant sur une imagination fertile - sans doute le principal moteur des jeux qu'il a créé (Ultima Online en tête). Pour autant, le développeur texan ne se cantonne pas aux mondes virtuels, puisque depuis des années, il consacre sa fortune (il est multimillionnaire depuis le début des années 1990) à réaliser ses rêves : il s'est ainsi offert des voyages dans l'espace, a recréé un manoir hanté dans son domaine de plusieurs hectares au Texas et est manifestement réputé pour les fêtes à thème qu'il donne chaque année (celle de 1998 est notamment restée dans les mémoires : il y rejouait le destin tragique du Titanic sur le lac d'Austin, regroupant ses invités en smoking et robe de soirée - dont le maire d'Austin - sur une barge aux allures de paquebot, avant de la couler et d'inviter les naufragés à regagner la rive à la nage).

Et le 21 décembre dernier, Richard Garriott ne pouvait pas passer à côté de la « fin du monde », thème de sa fête de l'année, à laquelle il conviait 144 invités (costumés aux couleurs de leur aventurier préféré), ayant chacun payé 1000 dollars pour leur invitation - les bénéfices ont été reversés à la Fondation X Prize, chapeautée notamment par Richard Garriott et qui s'est fixée pour mission de « proposer des solutions novatrices aux problèmes les plus complexes de l'humanité ».
Pour l'occasion, Garriott imaginait donc quatre tableaux distincts, pour autant de scénarios articulés autour de la fin du monde, toutes axées autour d'une gigantesque pyramide maya (en construction depuis des années et visible sur Google Map), au milieu de « musiciens frénétiques et de buffets couverts de mets et boissons tout droit sortis du cerveau enfiévré de Willy Wonka ».
Les convives ont donc successivement découvert quatre « ambiances », débutant par le prêche enflammé d'un prédicateur annonçant la fin du monde, les « exhortant à se repentir de leurs péchés, de leur avidité et convoitise », au milieu de figurants en transe. Plus tard, un espace « hédoniste » dévoilait une yourte toute dédiée « aux plaisirs terrestres et aux célébrations de l'instant présent » (avant la fin du monde), mettant en scène des comédiennes lascives, au corps nu et peint, alors que l'assistance était régalée de bananes enduites de chocolat (bigre !). Peut-être plus sage, les thématiques suivantes conduisaient les visiteurs sur les traces d'une conspiration alien orchestrant la destruction de la Terre (arborant notamment une réplique du satellite Spoutnik tout droit venu de la collection personnelle de Garriott), pour s'achever dans un dernier univers aux allures steampunk (symbolisant une forme reconstruction de la civilisation, après la fin du monde)...
Selon le Texas Monthly, qui se fait l'écho des temps forts la soirée, les convives y ont vu un événement « incroyable et totalement surréaliste », trouvant « amusant de passer un moment au coeur de l'imagination de Richard Garriott », sachant « qu'il déborde d'imagination ». Et à défaut de fin du monde, le grand homme dispose maintenant d'un peu moins de 365 jours pour imaginer ses prochaines frasques festives.

Crédit photo : Erich Schlegel/Reuters.

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