Le gouvernement brésilien met Clodogame à la rue

L'éditeur allemand Farbflut construit sa notoriété à grand coup de polémiques et de morale douteuse. Au Brésil, la stratégie fonctionne mal : le gouvernement local considère les jeux immoraux comme illégaux.
Le gouvernement brésilien met Clodogame à la rue

Dans l'industrie du jeu comme ailleurs, tous les moyens sont bons pour se faire de la publicité - gratuite - et entretenir des polémiques douteuses s'avèrent souvent efficace. C'est le c½ur de la stratégie de communication de l'éditeur allemand Farbflut, qui exploite notamment le web game Clodogame depuis 2007.
Toute en finesse et élégance, le titre invite les joueurs désoeuvrés à incarner un « clochard lambda dans la jungle parisienne », cherchant « à s'enrichir par tous les moyens ». En vrac, il faudra faire la manche, apprendre à jouer d'un instrument de musique, revendre des tickets de métro, voler ou encore « attaquer d'autres sans-logis » tout en maintenant toujours le fort degré d'alcoolémie de son personnage. Un chouette programme et des amalgames du meilleur goût, donc, dont la morale douteuse avait déjà choqué la classe politique française lors du lancement du jeu dans l'Hexagone en 2009 (lui assurant au passage une imposante promotion dans toute la presse), mais ayant finalement renoncé à interdire le jeu sur le territoire national - construire son business model sur la misère relève du plus parfait mauvais goût mais n'est pas illégal.

Rebelote aujourd'hui, suite au lancement du jeu au Brésil (territoire émergeant particulièrement attractif pour les exploitants de jeu en ligne, mais dont plus d'un tiers de la population vie encore sous le seuil de pauvreté). À la différence que le gouvernement brésilien ne fait pas dans la demi-mesure, ne mord pas à la polémique et vient simplement d'interdire le jeu sur son territoire.
Une belle occasion de (tentative de) promotion pour l'éditeur Farbflut qui se fend d'un communiqué afin de dénoncer « l'oppression » dont il fait l'objet de la part des autorités locales et analyse la décision brésilienne comme un refus de croire au « message porteur d'espoir » du jeu. Fichtre !

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